Un député UMP suspendu hier par son parti après ses critiques des propos de Nicolas Sarkozy sur la colonisation. Peut-on tout dire, ou y a-t-il une ligne jaune ? Et bien en la matière, point de loi ni de règle, c'est le parti et le contexte qui font tout ! Surtout le contexte à vrai dire. Même si dans certains partis, la liberté, que dis-je la licence verbale est totale. Exemple, Bruno Gollnisch, numéro 2 du Front national : il a été condamné par la justice à 3 mois de prison avec sursis et 5000 euros d'amende pour des propos controversés sur les chambres à gaz. Mesure interne : rien ! Pas un blâme, pas un avertissement de la part de Jean-Marie Le Pen ! Ceci dit, au parti socialiste comme à l'UMP, une condamnation judiciaire ne vaut pas non plus punition immédiate ou éternelle. Il aura fallu des mois pour que le PS se saisisse du cas Georges Frêche, pourtant récidiviste des dérapages verbaux. Condamné par la justice pour avoir traité les harkis de "sous-hommes", le président de la région Languedoc Roussillon entre temps s'en prit aux "blacks" de l'équipe de France de football. Ah, cette fois, c'en était trop ; d'autant qu'on était en janvier dernier en pleine campagne présidentielle, l'ex maire de Montpellier devenait un supporter encombrant pour la candidate socialiste. La commission nationale des conflits du PS tapa donc, un peu tard, mais tapa du poing sur la table : 2 ans de suspension ! L'hiver dernier, l'UMP se démarqua assez vite d'un des siens, Christian Vanneste, député du Nord, quand ce dernier fut condamné pour propos homophobes. Assez vite, mais assez peu de temps surtout. L'intéressé s'est fait réélire député sous l'étiquette CNI, mais dès le mois de juin, il était reçu à Matignon comme tous les députés UMP, et en mars, il partira aux municipales sous les couleurs de l'UMP. Question de contexte là aussi, c'est un de ceux qui pourrait bien faire gagner une mairie au parti de Nicolas Sarkozy. Aux grands hommes, la patrie reconnaissante, et aux éventuels vainqueurs, le parti oublieux. Alors aujourd'hui, la suspension de Jean-Pierre Grand, ce député UMP de l'Hérault qui a fustigé la déclaration de Nicolas Sarkozy condamnant le colonialisme, est-elle de principe ou de circonstance ? Un peu des deux sans doute, Jean-Pierre Grand est par principe quasiment toujours contre ce que dit le président de la République, en l'espèce l'a publiquement fait savoir en plein voyage présidentiel en Algérie, et il avait déja subi les foudres de son parti pour s'être interrogé sur un éventuel soutien à la maire PS de Montpellier plutôt qu'au candidat de l'UMP pour les prochaines municipales. Pour autant, l'intéressé et ses amis sont convaincus que c'est d'une chasse aux sorcières dont ils sont aujourd'hui les victimes. Sorcières villepinistes, puisque voilà leur grande faute, être les représentants d'un courant en voie d'extinction. Alors peut-on tout dire quand on appartient à un camp ? Et bien non, la preuve, pas tout le temps et puis d'abord, ça dépend qui, ça dépend quand. L'idéal franchement aujourd'hui pour être tranquille dans la majorité présidentielle, c'est avoir la seule étiquette "ouverture". Regardez Fadela Amara, elle peut trouver "dégueulasses" les tests ADN ou traiter de "Castafiore" la porte parole de l'UMP, qui lui en tient rigueur ? Et François Hollande et Ségolène Royal qui s'envoient à la figure des noms d'oiseaux à peine déguisés, personne ne leur dit rien non plus !

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