Manuel Valls est donc candidat !

Et pour l’instant, on est bien en peine de définir ce qu’est le Vallsime en 2016. Sur le plan économique d’abord, et c’est quand même problématique, puisque lui, comme les autres (depuis trois ou quatre élections présidentielles), estime, à juste titre, que la question du chômage est la question principale. Sur ce sujet, on ne peut pas encore tracer les contours de sa pensée (Dominique Seux, qui est très fort, va quand même essayer). Sur le reste, il s’attache à nous montrer qu’il a l’étoffe de la fonction, qu’il sait trancher…lui ! Et que son volontarisme, son caractère bien trempé, sont adaptés à la dureté du monde et des temps. La République, la Nation, l’esprit français sont exaltés… Mais ce sont des termes génériques, des mot-drapeaux, qui ne disent pas grand-chose du but proposé à la gauche, puis à la France. Il fait, semble-t-il, le pari que les Français ont plus besoin de solidité, d’une certaine forme de retour à l’autorité, que d’innovation idéologique. Il semble prendre exemple sur F.Fillon qui a triomphé en proposant un retour à des bases assez classiques et rassurantes de la droite conservatrice. M.Valls propose donc un discours (pas encore précis) mais très classique, lui aussi, sur la laïcité, l’égalité, la République. Nous n’étions pas, hier soir, devant le M.Valls que l’on connait, adepte du coup de menton et de l’autoritarisme un peu raide et transgressif avec son camp, mais devant un homme qui tenait les deux bouts de la corde : social et régalien. Il avait pris soin de s’exprimer depuis sa ville populaire d’Evry, avec derrière lui, pour l’écouter et l’acquiescer, une petite troupe Benetton, la diversité urbaine française d’aujourd’hui. Face à un Fillon de la droite patrimoniale et provinciale, se présente donc un Valls de la gauche sûre d’elle, multiculturelle et républicaine… Le discours et la mise en scène simple étaient efficaces. Il faisait, à n’en pas douter, président. Mais Président pourquoi faire et pour aller où et de quelle manière ? On ne le voit pas encore.

Peut-il échapper au bilan du quinquennat ?

Ce n’est pas sûr avec une si courte campagne. Il va tenter, là aussi, de faire comme F.Fillon. Sa loyauté, presque jusqu’à la fin, envers le Président, le pose en homme fiable, de confiance et lui permet de dire que, par loyauté, il ne formulait pas les critiques, ne pointait pas les insuffisances et les manquements du chef, du vrai responsable : F.Hollande, mais n’en pensait pas moins. La loyauté défausse de responsabilité, c’est une tactique classique et d’une efficacité redoutable. Mais il faut maintenant que la campagne des primaires commence (il ne reste que 47 jours ! ) pour que, sur chaque sujet, l’on sache précisément ce que M.Valls propose. Des généralités républicaines, même prononcées avec convictions et autorité, restent des généralités. Il va falloir que tous les candidats à la primaires fassent preuve d’imagination et de vision parce que pour l’instant, ceux qui animent le débat à gauche, avec des idées, sont plutôt ceux qui ne sont pas dans cette compétition : JL Mélenchon et Emmanuel Macron.

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