Son idole c'était de Gaulle, mais pas vraiment de message politique dans les chansons de Johnny si ce n'est le fameux "cheveux longs et idées courtes" en 1966

Ce matin… bien sûr Johnny et la politique

Son idole c’était de Gaulle, le grand homme, président tout puissant au début des années 60. Pas vraiment de traces de message politique dans ses chansons si ce n’est le fameux « cheveux-longs/idées courtes » en 66 qui disait déjà l’amour de Johnny pour l’ordre établi. Il a soutenu des candidats à la présidentielle, toujours de droite, Giscard, Chirac, Sarkozy…mais toujours en précisant que c’était par amitié…  Quand il a chanté « on a tous quelque chose de Jacques Chirac » (ce qui a fortement déplu à Michel Berger, auteur de « on a tous quelque chose de Tennessee ») il parlait du côté chaleureux du candidat, pas forcément de ses idées sur lesquelles il n’émettait pas d’avis particuliers.  Chaque candidat à l’élection présidentielle (et sans que personne n’ait jamais pu le vérifier) estimait que c’était un appui majeur d’avoir Johnny dans son comité de soutien ou à l’un de ses meetings… mais Johnny ne critiquant jamais le président en place, même s’il était de gauche… son statut de monument national (et sans doute un sens du commerce bien compris) lui donnait une responsabilité particulière.

Il a aussi participé à la fête de l’huma

Oui, en 1985, l’époque, disons un peu de gauche du chanteur, il vivait avec Nathalie Baye chantait des chansons de Michel Berger et jouait dans des films de Godard et Costa Gavras… mais c’est surtout l’évidence populaire. Johnny est le chanteur populaire français par excellence, la fête de l’huma est la fête du lien entre le monde des idées et la classe populaire par excellence… Il ne pouvait, même lui, l’homme de droite, qu’être heureux d’aller chanter à la Courneuve. Cet homme qui aura introduit le Rock en France , donc un peu d’Amérique à la fin de l’effet du plan Marshall, dans les années 60, n’est pas un auteur mais il aura rendu populaires  des textes de qualité (Aznavour, Goldman)… Il fait partie de ces artistes que les politiques aiment, par fonction, parce que Johnny est tellement présent, et depuis si longtemps (la longévité, malgré toutes les modes est importante), dans tous les milieux de la société, qu’il est une part de l’univers mental français. Un président français doit avoir une relation, un contact, lors d’une cérémonie, une remise de médaille, un hommage après des attentats, avec Johnny… c’est quasi institutionnel. Ce n’était pas un artiste engagé, c’était un homme d’ordre donc de droite mais un rocker, donc porteur aussi d’un certain désordre. Un rebelle intégré, ce qui n’est pas pour déplaire aux Français… il personnifiait bien ce terme un peu éculé mais qui est finalement le graal de tous les artiste et de tous les politiques : populaire et de qualité… C’était l’artiste tout simplement préféré des Français, voilà pourquoi les jours qui viennent vont avoir quelque chose un peu d’un deuil national.

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