Le candidat de l'UMP était confronté à un panel de 100 personnes, posant des questions concrètes. 2 heures de débat parfois musclé. Polémique... Et d'abord, si vous le permettez, une réflexion amusée aprés l'émission d'hier soir. Je ne sais pas si Ségolène Royal gagnera ou perdra la présidentielle, Nicolas, mais ce qui est certain, c'est que tout le monde aujourd'hui, nous fait de la démocratie participative. Parole au citoyen, candidat avec papier et stylo placé au centre, présentateur vedette qui se contente modestement de passer les plats. C'en est presque caricatural cette conversion subite des médias à une méthode qu'ils ne cessent par ailleurs de moquer dans la campagne de la candidate socialiste. Et justement, dans cet exercice d'un genre nouveau, qu'a-t-on vu hier soir ? Un Nicolas Sarkozy moins à l'aise qu'à l'accoutumée ; alors qu'il excelle habituellement sur les plateaux télés, bousculé par les interpellations très directes. Piqué sur les droits des homosexuels, le populisme, l'immigration. le candidat de l'UMP, parfois poussé dans ses retranchements, est parvenu à garder son calme. Même si sa réponse "sur une France où on respecte les règles, où on n'égorge pas les moutons dans les appartements" avait un parfum du célèbre " bruits et odeurs " de Jacques Chirac, il y a si longtemps... Mais le vernis n'a pas totalement craqué et au fond, c'était l'essentiel : démontrer qu'il a changé et que sous le costume cravate du ministre de l'intérieur, il y a le col roulé rassurant du candidat président de tous les Français. Pour le reste, du très classqiue... disant aux viticulteurs, vive la viticulture aux petits retraités... je réformerai le régime des retraites... aux mères de familles nombreuses... bravo... aux jeunes couples... " vous avez le droit d'acheter un appartement "... bref... le candidat de la droite décomplexée en campagne. c'est une campagne qui marche plutôt bien... De bons sondages, une bonne équipe, une bonne stratégie - ça roule pour Nicolas Sarkozy, qui a réussi à imposer à l'opinion l'idée que la campagne présidentielle a commencé le 14 janvier, jour de son investiture. Grisée par son triompe au PS, Ségolène Royal n'a pas anticipé cette entrée en fanfare, encore moins le tempo du ministre de l'intérieur qui aime à répéter " au début je fonce, ensuite j'accélère ". Mais, Nicolas Sarkozy, grisé par les sondages, risque d'oublier à son tour le vieil adage "dominer n'est pas gagner". D'abord parce que malgré la très bonne offensive de ses troupes, qui enfoncent les défenses socialistes, la cote Royal au premier tour se tasse mais ne s'effondre pas. Son socle reste, comme celui du candidat de l'UMP d'ailleurs, élevé et solide. Effet Airbag du 21 avril. Ensuite parce que la charge violente a ressoudé même de manière factice les socialistes. Enfin, parce que malgré les pressions, Ségolène Royal a tenu la date du 11 février qui évidemment ne doit rien au hasard. Toutes les campagnes présidentielles tournent dans la deuxième quinzaine de février. En 95, Jacques Chirac double Edouard Balladur, en 2002, il décroche Lionel Jospin - alors que le 3ième homme de l'époque, Jean-Pierre Chevènement, commence à s'effondrer. Nicolas Sarkozy a donc gagné la 1ere manche. La deuxième, la plus difficile, commence ce dimanche 11 Février. Même s'il considère aujourd'hui, en privé, qu'il touche enfin au but, il a pris soin de faire de la contreprogrammation ce jour là. La réunion de ses comités de soutien à La mutualité, une date rajoutée en 4 ième vitesse. Sait-on jamais... Une chronique de Françoise Degois.

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