manifestations en france contre le projet de loi espagnole restreignant le droit à avorter
manifestations en france contre le projet de loi espagnole restreignant le droit à avorter © reuters
**Vous revenez ce matin – à froid sur la manifestation de dimanche et sur l’incapacité de la presse à donner des chiffres pour évaluer l’affluence.** Oui, pour constater qu’encore une fois nous avons été tributaires de la communication des uns et des autres. Nous nous sommes contentés de constater que la manifestation était pacifique, bien organisée et qu’il y avait du monde mais nous avons été incapable de donner un chiffre à nous. Dans ce domaine nous ne faisons pas notre travail. Il y a quelques années nous prenions le chiffre des organisateurs, celui de la préfecture et nous établissions un chiffrage vaguement médian. C’était déjà très limite, du point de vue de la vérité, mais l’on s’en contentait puisque, la plupart du temps les organisateurs étaient des syndicats ayant pignon sur rue, ou des partis politiques, de droite ou de gauche face à la préfecture nous avions, en quelque sorte, d’autres institutions desquelles ils fallait se méfier, mais qui étaient quand même sensées être responsables. Nous pouvions les renvoyer dos à dos et taper au milieu, d’autant que les estimations de chaque camps allaient du simple au double rarement plus. Aujourd’hui, nous avons à faire, avec _la Manif pour tous, les Bonnets rouges_ ou bien _Jour de colère_ , à des collectifs qui découvrent le pavé et l’art de la surenchère. Un peu comme les coordinations d’étudiants ou de lycéens. Avec _la Manif pour tous_ les amplitudes entre les organisateurs et la police ont atteint des records. Le 23 mars 2013, la préfecture avait compté 300.000 personnes et les organisateurs 1.400.000 ! Et dimanche, ça allait entre 80.000 et 540.000. Devant la largeur de la fourchette vous remarquerez que la presse ne donne même plus son estimation (beaucoup trop « doigt mouillé »). On se contente de donner les deux chiffres auxquels nous ne croyons pas nous-même. C’est « journalistiquement » désastreux. **La presse pourrait-elle se débrouiller pour établir son propre chiffre ?** Oui, si nous nous regroupions pour publier un chiffre, si, dans un même collectif L’humanité, Libération, Médiapart, mais aussi le Figaro, Valeurs Actuelles, les radios généralistes et les chaines de télé d’info-continues, la presse régionale publiaient, après chaque grande manifestation le même chiffre. Celui-ci acquerrait une certaine crédibilité ! Brice Teinturier, patron d’IPSOS explique que, techniquement il serait en mesure de compter les manifestants lors d’un défilé comme celui de dimanche dernier. C’est donc possible. Les journaux dépensent de l’argent pour faire des sondages sur les municipales ou les cotes de popularité. Pourquoi ne se regrouperaient-ils pas pour pré-payer un comptage privé et impartial. Le chiffrage a son importance dans le débat à propos d’un conflit. Tout simplement parce que les querelles de chiffres vampirisent une bonne partie des arguments de fonds, plus intéressants. Un chiffre sûr et qui ferait référence permettrait aussi de voir si une mobilisation s’accroit ou faiblit. Un même chiffre à la Une de L’Humanité et du Figaro à chaque grand rassemblement, et il y a fort à parier que très vite les chiffres des organisateurs et ceux de la préfecture se rapprocheront, à moins qu’ils soient, tout simplement abandonnés. Ça parait simple mais c’est loin de se faire parce que la presse française n’a pas l’esprit de corps du tout. Elle est morcelée, concurrente et incapable de mutualiser ses forces quand c’est nécessaire. Les baratineurs peuvent donc dormir tranquille.
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