Au fond, c'est peut-être ça un Président normal : deux ans et demi d'expérience et un son lot d'évènements dramatiques installent dans ce rôle si prisé des Français.Ils adorent la statut du chef au dessus des passions...

Oui, au fond c’est peut être ça le président normal. Deux ans et demi d’expérience, et son lot d’évènements dramatiques, installent F. Hollande dans ce rôle si prisé par les Français. Bien que régicides, ils adorent la statue du chef au-dessus des passions, rappelant les grands principes républicains, à la fois engagé et arbitral… C’est beau comme de l’antique. Nous revenons à la dichotomie Président/Premier ministre, telle que la concevait de Gaulle. Le président, monarque républicain des grandes orientations, qui cadre et recadre. Il démultiplie le service civique parce que la situation du pays l’exige… Il instaure l’apprentissage du Français en maternelle, parce qu’il le faut ! Combien ça va couter ? Qui sera concerné ? Les ministres détailleront tout ça. Comme le disait Napoléon, « l’intendance suivra ». On aurait mauvaise grâce à se moquer du président olympien… alors que quand Sarkozy s’occupait de tout, dans les moindres détails, on lui reprochait de dénaturer la fonction. Hollande réinstalle le président à sa place. Surinvesti sur les questions de défense et de politique étrangère… sortons les grands mots…il a même des accents gaullien… quand il dit « je ne fais pas une Europe de gauche, je ne fais pas une Europe de droite »… ça rappelle le rythme du général « la France c’est pas la gauche, la France c’est pas la droite… la France »… le truisme gaullien ça peut être très beau ou tout à fait ridicule. Là, François Hollande y arrive pas mal… Mais attention ça ne peut pas durer…

Je me disais aussi !

C’est-à-dire que ce moment de grâce, il le doit aux évènements et à leur portée historique. Il les traverse bien, certes, mais maintenant il faut organiser, mettre en chantier et financer ! … Une politique de peuplement c’est magnifique à annoncer… mais comment enfin respecter la loi SRU qui demande aux communes riches de faire une place conséquente aux logements sociaux. La mixité sociale ne se proclame pas. Il est passé le temps des présidents bâtisseurs, grand ordonnateur du pays. Finis les plans quinquennaux, finie la maîtrise de la monnaie, finis les ordres imposés d’en hauts qui redescendent en cascade, appliqués par une administration centralisée et puissante. Pour un président de la France d’aujourd’hui dans un monde ouvert, dire, ce n’est plus faire ! Nicolas Sarkozy avait aussi annoncé des plans Marshall pour la banlieue. Son prédécesseur devait réduire la fracture sociale. Grands mots, petits actes, pas de résultats. Le drame n’est pas que les dirigeants se trompent de solutions … c’est simplement qu’ils ne peuvent plus les appliquer. Confère l’arlésienne de l’inversion de la courbe du chômage, symbole de l’impuissance publique. F. Hollande est donc apparu à son avantage en président classique. Il lui reste maintenant le plus dur à faire. Etre un président efficace.

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