une deuxième visite en arabie saoudite au programme de françois hollande
une deuxième visite en arabie saoudite au programme de françois hollande © reuters
**L’année politique qui commence va être fortement marquée par[ le revirement opéré par François Hollande lors de son allocution au soir du 31 décembre… ](http://www.franceinter.fr/depeche-les-voeux-de-francois-hollande)** Oui, parce que l’on a peut-être pas encore mesuré la portée de ses propos. On pourra certainement mieux en juger, lors de sa conférence de presse du 14 janvier où il faudra que François Hollande apporte des précisions. On en jugera surtout lors des premières traductions, dans les faits, de ce qui a été annoncé. Pendant des années, le problème avec la Gauche au pouvoir, c’était le décalage entre ce qu’elle proclamait et ce qu’elle faisait. Son discours d’opposition, et même son discours tout cours (qu’elle soit au pouvoir ou pas) était –sur les questions économiques et sociales- plus à gauche, plus keynésien, plus redistributeur, plus dépensier, plus épris de justice que son action. Cette distorsion entre le dire et le faire du PS se constate depuis 1983. Depuis le virage de la rigueur jamais vraiment assumé. Seul Michel Rocard et Jacques Delors (marginaux dans leur propre camp) avaient adapté leur discours aux actes qu’ils prônaient. Dominique Strauss-Kahn, au FMI avait aussi cette cohérence. Même si personne ne peut savoir ce que ça aurait donné dans une campagne présidentielle. Par moment, Lionel Jospin, Martine Aubry ou Ségolène Royal ont eu des accès de parler vrai mais la petite musique de fond du PS laissait toujours penser, dans une ambigüité bien pratique, qu’il n’y a pas forcement d’effort budgétaires et de profondes réformes structurelles à faire pour sortir le pays de la crise. Une meilleure répartition des richesses suffirait. François Hollande, pendant la campagne avait pourtant dit qu’il voulait réduire le déficit (souvenez vous de la promesse des 3%) mais sans jamais détailler les sacrifices que cet objectifs allait forcément engendrer. Alors c’est vrai, depuis un an et demi le président et le premier ministre évoluent vers une plus grande cohérence entre leurs mots et leurs actes… **Par exemple François Hollande parle beaucoup de « compétitivité des entreprises » ce qui n’était pas le cas pendant sa campagne...** Oui et nous étions donc, pendant toute l’année 2013 sur le chemin d’une plus grande adéquation discours/action, [quand tout à coup, le soir du 31 décembre](http://www.franceinter.fr/depeche-francois-hollande-propose-un-pacte-aux-entreprises-pour-2014) : paf ! On passe carrément de l’autre côté ! Nous voilà dans ce que l’on appelle désormais le « socialisme de l’offre ». Un terme aussi étrange que le serait le bling-bling sobre ou que le « Front National Gaulliste » ! Le président prône une politique « d’orthodoxie financière » qui va au-delà de ce qui est fait !… François Hollande, par exemple – pour la première fois à gauche- fait sien l’argument selon lequel il y aurait des « abus de la protection sociale ». Son propos laisse clairement entendre que le service public peut faire mieux avec moins d’argent ! Il dit que les limites de la pression fiscale sont dépassées. Il ne parle plus de stabiliser les impôts mais de les baisser d’ici à la fin de son mandat ! Il y a inversion manifeste dans le rapport les mots et les faits. Les mots du 31 décembre sont plus à droite que la politique menée ! Comme les mots ont fait un bon bout de chemin vers la droite ont peut raisonnablement penser que les actes vont suivre. Sinon, on ne voit pas le bénéfice politique qu’il y aurait à tirer d’un tel discours ! Que l’on soit pour ou contre cette évolution politique, l’idée que les mots et les actes de ceux qui nous gouvernent tendent vers la cohérence constitue un progrès non négligeable qu’il faut souligner. Ce qui reste problématique, c’est que ce processus se déroule après les élections, et pas avant !
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