A J-4 du premier tour des législatives, les sondages se succèdent, disent tous la même chose et pronostiquent une victoire de l'UMP. La gauche elle, anticipe déjà la défaite et se prépare à "l'après". "Ici et maintenant" clamait un temps François Mitterrand dans un de ses livres. Et bien aujourd'hui la gauche a abandonné le slogan. A quelques jours des législatives, elle est déjà dans l'après et dans l'ailleurs. Perdre le scrutin, ça elle l'a déjà anticipé. Malgré les efforts louables de quelques uns, notamment de Laurent Fabius hier soir en meeting ! Les électeurs n'ont pas encore voté, la défaite n'est pas encore acquise, que des membres éminents du PS au PC en passant par l'extrême gauche commencent déjà à penser à la recomposition, sésame obligé pour rêver à des lendemains qui chantent - ça recompose donc dans tous les sens, avec initiatives personnelles, jeu d'ambitions et propositions de nouvelles structures tous azimuts, avec aussi quelques points d'interrogation en caractère gras. D'abord au PS, que va faire Ségolène Royal ? Prendre le parti pour s'assurer d'être la candidate en 2012 ? On lui en prête l'intention, mais elle n'arrive pas à la formaliser. "Ce n'est pas Bonaparte, elle ne saisit rien" se désole un de ceux qui la conseille. Et François Hollande ? Le premier secrétaire du parti socialiste a déjà dit qu'il passerait la main après le Congrès, normalement prévu en 2008, mais si les législatives étaient une bérézina, partira-t-il avant, et aidera-t-il alors, ou non, sa compagne ? Les éléphants Strauss-Kahn et Fabius ? Leur tour est passé pronostique un fin connaisseur du PS. Si Ségolène Royal n'a réussi qu'une chose, c'est bien celle là, celle de les ringardiser définitivement. Du coup bien sûr, les petits jeunes en profitent. Des jeunes quasi quinquas qui n'en finissent pas d'attendre leur tour. Mais pour l'instant, en guise de programme, ils n'ont souvent que l'argument générationnel à la bouche. Et quelques uns, comme Arnaud Montebourg, connaissent un avenir électoral personnel incertain. Pour contrer cette montée en puissance des éléphanteaux et tenter d'empêcher aussi ce qu'ils considèrent comme une future dérive droitière du parti, des ex fabiusiens comme Paul Quilès, et des ex communistes comme l'ancien ministre Jean-Claude Gayssot, ont lancé en début de semaine un nouveau rassemblement "Gauche Avenir". Là, l'objectif c'est d'opérer un rapprochement entre la gauche du PS et le PCF, quitte à perdre la référence explicite au communisme - un crime de lèse "lutte des classes" que tout le monde n'est pas encore prêt à perpétrer Place du colonel Fabien. Olivier Besancenot, fort de son million et demie de voix à la présidentielle ne désespère pas de récupérer tout ce petit monde dans un grand parti anti libéral et anti capitaliste. "Ici et maintenant" s'est donc déjà commué en "Après et en Ailleurs", aux contours fort indéfinissables pour l'instant. Mais avec une formule magique et incantatoire dans laquelle jusqu'ici personne ne met la même chose: "rénovation, rénovation". Abracadabra.

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