Ce matin, c’est un peu la suite de votre édito de mardi à Marseille : vous évoquez cette fois, le projet de métropole parisienne, qui a été rejeté par les sénateurs !

Oui et si les sénateurs ont approuvé, hier soir, le projet de loi qui créé la métropole Aix-Marseille- Provence, ils ont méticuleusement détricoté le projet de métropole parisienne. Les députés rattraperont peut-être le coup mais d’ici là, le gouvernement risque de mettre beaucoup d’eau dans son vin déjà très clair. C’est un sujet ardu mais c’est aussi ça, (et sans doute surtout ça) la politique de proximité. De l’organisation administrative des territoires, dépend la réalité des transports, du logement ou de la sécurité, bien plus que de la primaire parisienne de l’UMP qui a largement occupé nos colonnes et nos ondes… Alors ami auditeur un petit effort d’attention pour déjouer la ruse des sénateurs qui comptent sur le fait que personne ne comprend rien à ces histoires afin de préserver baronnies et fiefs.

De quoi s’agit-il ? Comme pour Marseille, il s’agit de mutualiser, au maximum les ressources et les dépenses des agglomérations et de sortir du chacun chez soi et du chacun pour soi. Aujourd’hui les communautés urbaines autour de Paris sont minuscules, elles regroupent deux ou trois villes qui, généralement, ont le même type de populations. En gros, des villes riches avec des villes riches et des villes pauvres avec des villes pauvres ! Le projet de loi prévoit une grande métropole englobant Paris et la banlieue. Et à l’intérieur, des sous-ensembles : des associations de villes avec une population totale d’au moins 300.000 habitants. Avec ce plancher imposé, très élevé, on fait des économies. Les élus seront obligés de mettre en commun leurs ressources, de rationaliser leurs équipements. Neuilly l’opulente sera peut-être –qui sait- avec Gennevilliers la populaire pour forcer à la redistribution et lutter contrer le cancer qui ronge nos agglomérations : l’inégalité spatiale.

Mais ça créé des structures administratives en plus !

Oui et c’est le gros défaut de ce projet qui ne prévoit pas, en contrepartie, de supprimer les départements de l’Ile-de-France. Pourtant des centaines de milliers de franciliens de l’est et du nord font chaque jour une pénible et souterraine transhumance vers l’ouest pour aller travailler les beaux quartiers parisiens et les communes de l’ouest. Les dépenses sociales, scolaires, culturelles, la pression du logement se font sur les départements de l’est ! Les Hauts-de-Seine s’enrichissent du travail des habitants de la Seine-Saint-Denis par exemple, et pourtant bien des élus socialistes et communistes du 93 tiennent à leur département dortoir! Tout comme ceux des Hauts-de-Seine s’accrochent à leur département coffre fort ! De leur côté, les communistes n’existent plus que par leurs mairies dont le pouvoir serait dilué dans de larges communautés de communes. Le vrai courage politique eut été de supprimer les départements franciliens des zones urbaines. Mais les sénateurs ont finalement défendu leurs électeurs qui sont, rappelons-le, les élus locaux ! Un brin de mollesse coupable de la part de l’exécutif, des parlementaires (de la majorité et de l’opposition) corporatistes : comme dans l’affaire des députés qui vident la loi sur la transparence de sa substance, François Hollande, sa majorité et son opposition sont tristement conformes à leur caricature.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.