Donc Valérie Pécresse quitte LR !

Et que fait-elle ? Elle crée un mouvement... parce que, dit la présidente de IDF, le parti est verrouillé par ses parlementaires et dirigeants. En fait, rien n’est plus faux ! Si Valérie Pécresse voulait prendre la direction de LR, et si ça ne dépendait que de ses cadres, elle n’aurait qu’à se pencher pour ramasser cet objet gisant ! Seulement, selon les statuts, ce sont les militants qui choisissent le chef ! Et ceux-ci sont très conservateurs et veulent (ça s’appelle la démocratie interne) quelqu’un qui leur ressemble ! Ils ne choisiraient donc certainement pas Valérie Pécresse, représentante d’une droite libérale et modérée. Comme elle ne peut décemment pas dire, ‘les militants LR ne me vont pas, trop à droite, donc je pars’, elle s’en va en disant que tout est verrouillé d’en haut. Les partis sont des structures qui n’attirent plus les forces vives. En ces temps d’évaporation des idéologies, on s’engage pour une cause, l’environnement, les droits LGBT, la défense de la famille traditionnelle, un mouvement coup de sang, comme les Gilets Jaunes, ou temporairement pour soutenir un candidat à la présidentielle. Mais plus dans une structure englobante, héritière d’une lignée idéologique. La puissance militante des partis n’a plus de rapport avec la représentativité. Ainsi, EELV a à peine 2.000 militants actifs  alors que l’UPR de François Asselineau, qui ne pèse rien électoralement, compte plus de 30.000 adhérents ! Les partis sont devenus des trompe-l’œil : les militants de LR ne ressemblent pas (dans leurs aspirations profondes et sociologiquement) aux électeurs de la droite. L’échec de FX.Bellamy en est la dernière démonstration. 

C’est pourquoi les personnalités d’envergure ne veulent plus prendre la tête de leur parti !

Voilà ! Tous ceux qui ont une ambition présidentielle (avouée ou pas) se réfugient dans leur fief, créent (ou pensent à créer) leur structure dont ils seront le centre, l’objet, la raison... et ça fait du monde : Bertrand, Pecresse, Baroin, Retailleau ! Quelques autres, dont on n’a même pas idée mais qui, en leur for intérieur, pensent avoir un destin national, estiment que la France les mérite et s’en apercevra un jour ! Pour ceux-là, donc... ne surtout pas briguer la tête d’un parti établi depuis que ceux-ci sont vraiment démocratiques. Rien de plus contraignant que des militants qui ont leur mot à dire ! Et c’est, du point de vue de l’opinion, plus salissant encore que d’être à la tête d’un abattoir industriel de poussins ! Attendez-vous à ce que, comme au PS, le prochain président LR (après un délai de gestion collégiale à responsabilité diluée) soit une personnalité de 2nd ordre et surtout sans ambition présidentielle! La faillite des partis traditionnels est un des aspects de la crise de la représentation. On n’a pas encore réinventé les structures propres à faire remonter, raffiner, coaguler les aspirations populaires, à l’heure du vagabondage politique, des idées véhiculées par les algorithmes et validées par des ‘likes’. Pourtant, il faudra bien que, de la décrépitude des partis, naisse quelque chose, parce que l’article 4 de la Consitution le dit, ce sont : ‘Les partis et groupements politiques (qui) concourent à l'expression du suffrage’...

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