**Pour vous, ce matin, il y a comme un climat d’impuissance des politiques qui domine.Deux événements renforcent aujourd’hui cette impression que les politiques, les dirigeants de nos pays européens perdent pied, n’ont plus prise sur la réalité. La crise et ses développements en Grèce et l’insolente popularité de Dominique Strauss-Kahn. La crise grecque… d’abord : à la quasi-unanimité, les parlementaires français (UMP et PS) ont voté en faveur d’un plan d’aide à la Grèce, tout comme les allemands et les Italiens qui représentent les trois pays pourvoyeurs de fonds les plus importants. Cette décision souveraine était donc parée d’une légitimité, d’une force politique qui aurait dû changer la donne. Et que voit-on ? Les marchés plus forts, continuent à attaquer le maillon faible, l’Euro dévisse, les bourses européennes perdent des points comme si elles ne croyaient pas une seconde à l’efficacité des mesures décidées. On est loin de cette rassurante impression de reprise en main des politiques après le sauvetage des banques par les gouvernements européens, opéré grâce à des décisions rapides et à première vue efficaces. Le tapis semble se dérober sous les pieds des dirigeants européens. Cette impression généralisée, change peu à peu le climat politique et une sorte d’aquoibonisme s’empare de l’opinion quand ce n’est pas de la révolte comme en Grèce. En France les sondages sont très mauvais pour la majorité, les côtes de popularité des personnalités d’opposition sont en revanche flatteuses mais elles semblent saluer la qualité d’opposant plutôt que les facultés de « proposant ». A la question de savoir si les leaders socialistes feraient mieux que la majorité, les réponses sont toujours très majoritairement « non ». Ce sentiment d’impuissance existait déjà avant la crise, non ?Oui et c’était le diagnostic assez pertinent qu’avait fait, avant son élection, Nicolas Sarkozy. On a déjà beaucoup glosé sur cette question : la mondialisation, les marchés globalisés, l’Europe, les structures supranationales qui nous dépossèdent… ce n’est pas nouveau et ça contribue à diffuser cette idée que nous ne sommes plus maîtres de notre destin, que les vrais décisions se prennent ailleurs, que, pour détourner une phrase célèbre du général de Gaulle, la politique de la France se fait, finalement à la corbeille. Nous sommes comme dépouillés de notre pouvoir de citoyens et c’est notre modèle social qui est une part de notre ADN national qui est en cause. Le président a fait campagne sur le « retour du politique » et avec le slogan « ensemble tout est possible ». Ce renversement de vapeur, ce retour du « possibilisme » n’a pas eu lieu. Les français le constatent et c’est aussi ce qui explique le taux de défiance atteint par Nicolas Sarkozy ces derniers temps. Le projet que les socialistes sont en train de mettre au point veut retrouver les accents de volontarisme. On y perçoit, comme chez Nicolas Sarkozy 2007, une affirmation du retour du politique : avec cette notion, « le nouvel interventionnisme »… Et pourtant, pour l’instant le plus populaire des socialistes, le champion des sondages c’est… Dominique Strauss-Kahn. Il n’est populaire à ce point uniquement depuis qu’il n’est plus là, en France, là ou ça ne se passe plus ! Dominique Strauss Khan est à Washington, dans la finance, là où ça se passe. Le pouvoir n’est plus à Paris, il doit bien être quelque part… DSK n’en est certainement pas loin, de ce pouvoir, les marchés, cette masse informe, ce nouveau diable… c’est une illusion bien sur… mais il faut le constater : l’idée même que le personnage le plus populaire de France n’ait aucune manette française et ne propose (ce n’est pas son rôle) aucune solution française, lui confère plus de prestige qu’aux acteurs hexagonaux dont on a de plus en plus l’impression qu’ils agissent pour sauver notre rang auprès des agences de notation, devenus les nouveaux Césars qui lèvent ou baissent le pouce à leur gré.**

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