Les choses ont l’air de se préciser du côté du PS pour 2012...Oui, il parait évident à tout le monde que Dominique Strauss-Kahn souhaite se présenter. Les signes se multiplient alors que du côté de Martine Aubry, l’envie de faire campagne ne se manifeste pas vraiment. Ni dans son agenda, ni dans son attitude. Son entourage dément le renoncement parce que tant que DSK ne s’est pas prononcer explicitement, une once de doute doit planer. Martine Aubry doit ménager un semblant de suspens pour qu’on l’écoute encore. A un an de la présidentielle (c’est exactement aujourd’hui) s’ouvre une période au cours de laquelle seules les présidentiables sont vraiment audibled médiatiquement. On peut le regretter mais c’est dans la logique combinée de nos institutions néo-monarchiques qui personnalisent à outrance le débat et notre système d’information basé sur une certaine starisation du personnel politique. Ces deux facteurs se nourrissent l’un l’autre. Donc, Dominique Strauss-Kahn va atterrir en juin. Concernant le retour du patron du FMI, « atterrir » c’est le mot que l’on entend le plus dans les bouches des socialistes, pros ou opposés à DSK. C’est effectivement le mot qu’il convient d’utiliser. Comment réussir l’atterrissage, le retour au bercail? L’affaire affligeante de mal adresse ou d’inconscience politique de la Porsch qui transportait Dominique Strauss-Kahn le week-end dernier, montre qu’effectivement, à plus d’un titre, le patron du FMI a sérieusement besoin d’atterrir… de revenir sur terre. Sinon le joli slogan « la Porsch tranquille » va lui coller à la peau comme la nuit du Fouquet's colle à celle de Nicolas Sarkozy. Pour la primaire, on se dirige plutôt vers une simple confrontation de personnalités.Oui, c’est le risque. Si Dominique Strauss-Kahn est candidat, ainsi, dans un premier temps, qu’Arnaud Montebourg, Ségolène Royal et François Hollande… il n’y aura de différences programmatiques qu’à la marge. Ils sont tous peu ou prou, sur une même ligne réformiste, de modération de la dépense, avec comme priorité la jeunesse, l’éducation et la sécurité et une réforme fiscale. Si Benoît Hamon se joint à la bataille pour incarner une ligne plus à gauche, il ne pourra pas vraiment non plus se démarquer du programme bien cadré, élaboré par Martine Aubry avec son concours d’ailleurs. Mais si le rapport de force qui prévaut en ce moment perdure en réalité, à l’automne la primaire va se résumer à la confrontation entre François Hollande et Dominique Strauss-Kahn. Il se trouve que ces deux-là sont (hormis peut-être sur la question de la sortie du nucléaire et quelques détails techniques sur la fiscalité) exactement sur le même positionnement politique au centre gauche. Le débat de fond devrait raisonner comme un dialogue entre les Dupondt, à coup de « je dirais même plus… » pour répéter différemment les mêmes arguments. Du coup, la campagne risque donc se faire sur le curriculum vitae, le caractère et la façon d’incarner le pouvoir. Au mieux, celui qui a la stature et l’expérience, contre l’enraciné, le corrézien. Au pire, le bing-bling venu d’Amérique contre l’inexpérimenté sans charisme. Ce débat peut ne pas être très passionnant et risque de renforcer, par son aspect complètement désidéologisé, la tendance à la personnalisation de la politique.

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