Jean Luc Mélenchon, les balais... et la truelle

Dans la panoplie des symboles de la gauche, il y avait déjà le poing et la rose, la faucille et le marteau, et bien il convient d'en ajouter 2 désormais...

D'abord les fameux balais brandis par centaines dans le cortège de Jean Luc Mélenchon... Des balais contre l'austérité, des balais contre la finance, ou même des balais contre Fraçois Hollande.... C'est la gauche coup de balai, celle qui bouleverse, proteste, manifeste, conteste, et au final, refuse l'idée même de gouverner pour ne pas se compromettre. Et pour rester ce qu'elle est...

L'autre symbole, lui, n'était pas visible, mais audible. Mais c'est le secrétaire national du Parti communiste, Pierre Laurent, qui l'a utilisé. Lui aussi manifestait, mais il a fait entendre sa différence avec Jean Luc Mélenchon. Pas question de renverser la table, je suis là, a-t-il expliqué, pour reconstruire la France, une truelle à la main.

La gauche balai et la gauche truelle côte-à-côte, il faut mettre au crédit de Jean Luc Mélenchon l'exploit d'avoir réussi à fédérer le temps d'une journée, une partie de ces deux familles.

Coté coup de balai, il y a avait là Olivier Besancenot, certains syndicalistes, ou des membres de la gauche radicale.

Coté truelle, l'ex candidate des verts à la présidentielle Eva Joly et certains communistes, qui savent aussi que leur survie électorale tient avant tout aux accords locaux ou nationaux qu'ils passent avec les socialistes.

L'ironie de l'histoire, c'est qu'on doit cette alliance d'un jour justement à un homme qui a fait l'essentiel de sa carrière politique du coté des truelles, du coté de la gauche de gouvernement, dont il fut ministre.....

L'autre ironie, on l'a entendu un peu plus tard, dans la bouche de Jean-Marc Ayrault, invité du 20 heures de TF1, quand il s'est comparé à un jardinier qui attend que ses semis sortent de terre. Il s'en est fallu de peu pour que je vous parle ce matin de la gauche binette.

Mais dans son discours hier, Jean Luc Mélenchon a également une nouvelle fois fait acte de candidature pour Matignon. A t-il une chance d'être entendu ?

En politique, il ne faut jamais douter de rien, mais là franchement, cela parait très peu probable.

D'abord on ne fait pas campagne pour Matignon, et tout ceux qui l'ont fait s'y sont cassés les dents... les cimetières politiques sont remplis de Premiers ministres potentiels.

Ensuite, il faudrait vraiment des circonstances exceptionnelles pour que François Hollande accepte de son plein gré d'entrer en cohabitation avec Jean-Luc Mélenchon. Ce serait 1984 a l'envers... A l'époque c'est Laurent Fabius qui était arrivé à Matignon pour incarner la rigueur et faire rentrer la France dans l'Europe à marche forcée. Avec Jean-Luc Melenchon, ce serait le virage à gauche toute, et le bras de fer permanent avec Berlin et Bruxelles... Autant dire un enfer pour le Président...

Non, ce qu'on peut déceler à travers les offres de service de Jean-Luc Mélenchon, c'est peut-être qu'il fait comme nous, et qu'il lit les sondages... Dans les dernières enquêtes d'opinion, il stagne à son niveau de la présidentielle, autour de 11%, alors qu'à l'autre bout de l'échiquier, c'est Marine le Pen qui s'envole, avec près du double d'intentions de vote... C'est elle aujourd'hui qui profite de la crise... Dans le détail, le style Mélenchon ne séduit pas non plus à gauche. Les deux tiers des sympathisants socialistes le trouvent sectaire, et lorsqu'on demande aux francais s'il pourrait faire changer les choses, il a perdu 10 points depuis la présidentielle...

Se poser en candidat pour Matignon, c'est donc envoyer un signe. Apparaitre non plus comme un problème pour la gauche, mais comme un recours. Une solution de secours, tout cela sans changer le fond de son discours, cru et dru...

Bref, garder le balai, et montrer la truelle....

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.