C’est donc le deuxième anniversaire de l’élection de François Hollande…

Et le sentiment qui domine c’est quand même : que de temps perdu ! Tout ce qui est entrepris aujourd’hui aurait pu l’être en mai 2012. Que l’on soit favorable ou pas à la ligne suivie, puisqu’elle est suivie, autant qu’elle le soit de façon optimum et claire, autant qu’elle ait le temps de produire des effets… Positif tant mieux, négatif et une réorientation restait possible. Mais ces deux dernières années semblent avoir été deux années de tâtonnements politiques et économiques. Ainsi, le pacte de responsabilité, si important, parait-il, le choc de simplification, si nécessaire, dit-on, le regroupement des régions, la suppression des départements sont typiquement des réformes de début de mandat, quand la légitimité du Président est toute fraîche ! Deux ans après on en récolterait déjà les premiers fruits! La responsabilité de ces lenteurs à l’allumage ne revient pas à Jean-Marc Ayrault, qui n’était peut-être pas le roi de la communication, mais qui aurait aimé pouvoir être plus réformiste. La conférence de presse du 14 janvier, au cours de laquelle le Président assume enfin ce qu’il est, un socialiste pondéré, aura été le vrai départ de son mandat ! Le socialisme de l’offre, appliqué depuis 4 mois, aurait dû, pour des raisons de clarté et même d’honnêteté démocratique, être affirmé dès mai 2012… Et même avant, pendant la campagne présidentielle. On peut toujours se demander si François Hollande aurait été élu avec un tel discours mais est en droit d’attendre -et même d’exiger- que les candidats à l’élection présidentielle, puis les présidents (selon la formule de Lionel Jospin) « disent ce qu’ils vont faire et fassent ce qu’ils ont dit » ! François Hollande, en réalité n’a fait que très peu de promesses. Mais il n’a pas su (ou voulu) dire la vérité sur le traitement qu’il allait faire subir à la France pour la sortir de la crise.

Le connaissait-il lui-même ce traitement, avant d’être élu ?

Des proches comme celui qui est aujourd’hui à l’Elysée au poste de secrétaire général, Jean-Pierre Jouyet, le lui disait pendant la campagne et affirmait aux autres qu’au fond de lui, François Hollande partageait cette conviction qu’il fallait appliquer à la France une politique budgétaire rigoureuse. L’argument selon lequel l’exécutif a été surpris par l’état des finances du pays ne tient pas. Et même s’il tenait, il ne serait pas glorieux ! Tout se passe comme s’il avait fallu deux ans au chef de l’Etat pour accepter d’assumer ce qu’il pense au fond depuis longtemps mais que le langage de son camps, les logiques d’appareil et d’alliances, inhérentes à la gauche telle qu’elle est en France, ne lui permettaient pas d’afficher. La pensée hollandaise, si elle existe, est toujours un mystère. Elle est faite de pragmatisme économique et de pragmatisme politique. Quand son pragmatisme économique dit qu’il faut réduire les déficits, son pragmatisme politique lui conseil de retarder au maximum l’expression de son pragmatisme politique…et donc son application effective. La confrontation de ces deux pragmatismes était viable dans l’opposition (quand il ne s’agit que de parler) mais dans l’exercice du pouvoir (quand il faut agir), ces deux pragmatismes ne peuvent pas cohabiter. Maintenant que le discours et l’action sont raccords, le quinquennat… enfin…le « triennat » peut enfin commencer !

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