Je dirais plutôt qu’on célèbre ses 1 an et 4 mois ! Le vrai Hollande, celui qui applique la politique par laquelle il entend réduire le chômage, n’est véritablement entré en fonction qu’en janvier 2014, lors de la conférence de presse qui consacra l’idée de rechercher la croissance par une baisse des charges. En janvier 2014, François Hollande parle de compétitivité des entreprises. Il en fait l’alfa et l’oméga de sa politique. Ce mot « compétitivité » n’apparaît vraiment dans son discours, avec insistance, qu’à ce moment-là. Il n’est pas question, ici, de décréter que c’est la bonne politique ou pas… il s’agit juste de constater que cette politique n’est assumée pleinement, que, en fait, depuis l’été dernier et le départ d’Arnaud Montebourg dont le maintien au gouvernement entretenait encore l’illusion d’une autre politique. Donc, si l’on voulait être tout à fait cohérent, on devrait même dire que le mandat de François Hollande n’a que 10 mois… qu’il date de la clarification : le départ d’Arnaud Montebourg.

Donc François Hollande aurait dû, dès le début, agir comme il le fait depuis janvier 2014 ?

Puisque, d’après lui, c’est la bonne politique, oui ! Mais il aurait surtout dû le dire pendant sa campagne! Si toutes les mesures présentées comme indispensables pour déverrouiller la croissance, prises depuis janvier 2014 (le CICE, la loi Macron), avaient été enclenchées dès l’arrivée de François Hollande à l’Elysée, elles commenceraient aujourd’hui à porter leur fruits. Bons ou mauvais… On pourrait déjà dire si François Hollande avait raison ou pas. Alors pourquoi n’a-t-il pas commencé à faire ce qu’il croit bon pour la France dès le début ? Rappelons que le principal conseiller économique du candidat Hollande était Emmanuel Macron… la conviction social-libérale du président n’est pas apparue comme ça, comme une révélation en janvier 2014. Pourquoi n’a-t-il pas fait campagne sur ces solutions-là ? Tout le monde a la réponse : pour se faire élire ! Il faut souligner cependant le rôle de la primaire socialiste… la primaire socialiste de 2011 s’est avérée être une formidable machine à booster le candidat PS… donc très efficace pour gagner l’élection présidentielle… Mais elle a posé des bases politiques désastreuses pour gouverner dans la clarté. La primaire est établie sur le modèle de l’élection présidentielle. Ce système aboutit à ce que celui qui arrive à la 3eme place (Arnaud Montebourg en l’occurrence) soit en position d’arbitre. Mais dans ce système pervers (surtout quand il oppose des candidats d’un même camp), le troisième ne choisit pas celui des deux finalistes qui est le plus proche de lui politiquement… mais le plus éloigné. Il s’agit d’être le plus électoralement complémentaire pour le second tour de la primaire… Montebourg (souvenez-vous le « démondialisateur ») a choisi Hollande, le social-libéral. Tant pis pour la cohérence. Ainsi élu sur une ambiguïté économique, François Hollande s’est ligoté jusqu’en janvier 2014. Date où il contredit sa campagne mais redevient lui-même. Pour les trois ans de la présidence Hollande…on verra donc en 2017.

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