Par Cyril Graziani.

Vous voulez souhaiter un joyeux anniversaire à François Hollande pour sa quatrième année à l'Elysée... peut-être la dernière !

Et c'est une fête d’anniversaire quelque peu gâchée...

Certes, l'opération reconquête a démarré. Mardi dans un colloque sur la gauche et le pouvoir, devant un parterre de socialistes, ministres et membres de cabinet, François Hollande a semblé requinqué... C'est vrai, oui, que le discours était plus charpenté, plus précis... avait plus de souffle que les dizaines d'autres qu'il avait fait précédemment et qui en manquaient cruellement.

Mais le message sous-jacent passé ce jour-là, en faisant le bilan de ces quatre premières années, pas de remise en question... à peine... surtout « j'ai tout bien fait mais vous ne vous en êtes pas encore rendus compte ».

A qui parlait-il ?

Pas à ceux présents, les indécrottables... Mais à ses électeurs... Vous vous souvenez il y a quatre ans... François Hollande l'a emporté avec 51,6% des voix... Un score ric-rac... Qui peut-il remercier ? La gauche ! Sans elle, il serait sûrement aujourd'hui en train de sillonner sa circonscription de Corrèze comme député.

Mais ça, le président Hollande semble l'avoir oublié... 4 ans après le divorce se voit dans la rue... Une partie de ses électeurs, ceux du 6 mai 2012, ça fait deux mois qu'ils sont dans la rue, occupent toutes les nuits place de la République...

Pas forcément ses électeurs de premier tour mais ceux du second, c'est certain...

Dans la rue il y a qui ? Les syndicats... la CGT en tête le seul syndicat à avoir appelé à voter Hollande en 2012... Rappelons-le.

Les jeunes, sa priorité, selon un sondage TNS-SOFRES... 91% des moins de 34 ans ne lui font plus confiance... rendez-vous compte... 91%...

Aux syndicats qui combattent la loi travail, le chef de l'Etat leur a répondu : « je ne céderai sur rien ».

Aux gens de la rue, aux jeunes, la réponse... c'est des flashs-balls ; parfois même les images des derniers jours nous l'ont montré : des passages à tabac...

Rappelez-vous de ces paroles du préfet de police Maurice Grimaud en mai 1968... « Frapper un manifestant tombé à terre c'est se frapper soi-même ». Frapper un manifestant aujourd'hui, c'est frapper un électeur d'hier mais certainement pas de demain...

Difficile de reconquérir le peuple de gauche avec ça... Mais quoi qu'il dise, quoi qu'il fasse, sans eux... sa réélection est impossible.

Sur qui peut-il compter ?

Il espère à terme pouvoir s'appuyer sur Emmanuel Macron et calmer ses ardeurs d'émancipation...

On verra après l’escapade du ministre de l’économie à Orléans pour les fêtes de Jeanne d'Arc dimanche si il est rentré dans le rang... On ne sait pas si telle la pucelle d'Orléans, il entend des voix... ce qui est sûr c'est qu'à gauche, des voix, Macron n'en ramène aucune...

La gauche... c'est le problème cornélien de François Hollande pour cette dernière année.

ça va mieux, répète-t-il tel un mantra, alors oui, peut-être économiquement ça va mieux... en revanche entre une partie de la gauche et lui ça ne va pas mieux...

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