Peut-on aller à la plage ? Il vous faut donc faire un édito politique sur ce sujet !…

Cette  histoire de plage, qui fait l’objet d’une pétition de personnalités du  littoral, de marins, d’élus locaux, agite  les réseaux sociaux, la presse régionale et nationale, a été aussi le  thème, hier d’une question au gouvernement du député des Côtes-d’Armor.  Cette polémique est une métaphore de la complexité et de l’absurdité, en  plus du drame bien sûr, de ce qui nous arrive ;  illustration des dilemmes centralisation-décentralisation,  infantilisation-responsabilisation. Comment en est-on arrivé à cette  situation par laquelle, Paris décide qu’il faut interdire aux promeneurs  retraités, aux enfants confinés, aux pêcheurs du dimanche  (sachant que c’est tous les jours dimanche pour nombre de Français en  ce moment), d’aller s’aérer sur les plages de nos côtes. Qu’est-ce qui a  bien pu passer par la tête des autorités françaises pour acheter en  urgence des dizaines de drones afin de  surveiller  les 5 façades maritimes du pays et ses 3427 kilomètres de côtes ? Parce  que, quand même, quel est l’endroit, en France, en ce moment, où il est  facile de se promener en respectant la distance sociale (ou physique)?  Une plage de l’Atlantique, de la mer du Nord  à marée basse ? Ou les métros et RER parisiens qui accueilleront dès  lundi les nouveaux dé-confinés, direction leur open spaces aménagés dans  les tours de la Défense ? En réalité, il est assez aisé de prendre une  décision gouvernementale, de la tourner en  dérision et d’affirmer que la décision inverse eut été beaucoup plus  raisonnable… Essayez avec la question de la réouverture des écoles !  Mais sur la question des plages… on ne voit pas.   

Le gouvernement invoque le risque d’une ruée des citadins vers les côtes lors des ponts du mois de mai… 

Cet  argument a sa logique mais alors que le gouvernement constate à juste  titre que les Français, ont, somme toute, bien  respecté le confinement… ne serait-il pas temps de jouer la carte de la  confiance et de la responsabilisation, par ailleurs tant vantée.  Laisser aux habitants du littoral l’accès à leurs plages, leur  environnement quotidien, ne semble pas un risque inconsidéré  ! Et puisqu’on n’a pas le droit de se déplacer de plus de 100  kilomètres, la ruée ne pourrait-être que relative. Surtout… n’est-ce pas  le sujet par excellence qu’il convient de décentraliser ? N’est-ce pas  aux autorités locales, maires ou préfets, d’apprécier au  cas par cas ? La décision d’autoriser ou d’interdire ne sera pas la  même pour la plage citadine du Prado à Marseille que pour celles de la  côte d’Argent, au bord de l’Atlantique, la plus longue bande de sable  d’Europe ! On le voit bien, avec l’école par exemple…  le Premier ministre et le président font des efforts surhumains pour  contrarier leur nature verticaliste. Ils se rendent compte que pour  déconfiner, il faut bien faire confiance aux acteurs locaux et aux  individus… L’interdiction générale de l’accès aux plages,  venue d’en haut, est aux jacobins en transition girondine ce que le  dernier verre est à l’alcoolique avant la cure…     

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