Que se trame-t-il entre LR et En Marche, en PACA et dans les Hauts-de-France ? Deux tentatives de recompositions opposées qui ne font, pour l’instant qu’accroitre la décomposition.

En Marche au beurre et En Marche à l’huile, deux attitudes nord/sud vis-à-vis de la droite. 

Deux tentatives de recompositions opposées qui ne font, pour l’instant qu’accroitre la décomposition : dans le sud, Renaud Muselier, la tête de liste LR, en difficulté, propose aux macronistes de faire liste commune. 

Les macronistes, qui n’ont aucune chance tout seuls, saisissent la main tendue. C’est aussi leur logique de dépassement des clivages. Sauf que Renaud Muselier n’avait pas anticipé la réaction unanime des cadres de son parti. 

C’est non ! Pas d’alliance avec LREM. D’autant qu’au moment où les marcheurs à l’huile annoncent qu’ils rejoignent Renaud Muselier LR vote contre la Loi Climat à l’Assemblée. Problème, donc de cohérence. 

Et dans le Nord ? 

Dans les Hauts-de-France, la liste LREM est faible, là aussi. Elle risque de ne même pas atteindre 10% et donc, de ne pas avoir le droit de se maintenir ou de fusionner au second tour. Il est alors envisagé d’envoyer le tonitruant enfant du pays Éric Dupont-Moretti pour (peut-être à sa tête) dynamiser la liste des marcheurs, et lui permettre, entre les deux tours, d’offrir à Xavier Bertrand de le rejoindre afin de lui assurer la victoire face au RN !

Et (écoutez bien, c’est tout à fait machiavélique) : Si Xavier Bertrand devait rester président des Hauts-de-France à ce prix, grâce et avec les macaronistes, comment pourrait-il être candidat contre Emmanuel Macron à la présidentielle ? En gros, main tendue et poignard dans le dos.

Mais Xavier Bertrand –qui n’est pas née de la dernière pluie- fait déjà savoir qu’il n’acceptera jamais une fusion entre les deux tours.

Moralité, à l’issue de ces quelques jours de manœuvres dignes de la IVème république, aucun rapprochement en vue entre marcheurs et LR. Ceux qui se sortent renforcés (et disent merci) sont les listes RN au nord et au sud. LREM donne l’impression, dans le Nord, d’avoir surtout pour objectif de neutraliser le candidat, actuellement le plus sérieux de la droite pour 2022. 

De son côté, c’est vrai, LR est apparu divisé et affaibli

L’absence d’implantation locale (compréhensible, au bout de seulement 4 ans d’existence) mais l’absence de boussole idéologique (incompréhensible après quatre ans d’exercice du pouvoir) de La REM, explique cette faiblesse aux élections intermédiaires, en décalage avec un bien meilleure potentiel électoral pour la présidentielle. 

L’absence d’implantation locale (compréhensible, au bout de seulement 4 ans d’existence) mais l’absence de boussole idéologique (incompréhensible après 4 ans d’exercice du pouvoir) de La REM, explique cette faiblesse aux élections intermédiaires, en décalage avec un bien meilleure potentiel électoral pour la présidentielle. 

Cette séquence souligne que la prétention marconienne de refonte de la vie politique, est encore dans sa phase de destruction. Pour me faire pardonner de vous avoir imposé cette tambouille, je vais tenter –en guise de conclusion, une petite maxime ; bon, d’accord, n’est pas le Cardinal de Retz qui veut, je me lance quand même ‘en politique, comme en toute choses, sache t’arrêter de détruire à temps si tu veux bâtir de ton vivant’. 

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