Il était ici même, hier, au micro de France Inter. Mais il doutait encore de pouvoir être candidat. Et bien ça y est, c'est désormais une quasi certitude, Jean-Marie Le Pen pourra se présenter à la présidentielle. Car depuis hier, il y a du nouveau. Hier, Nicolas Sarkozy, candidat, et président de l'UMP, vous allez voir ça sert - a publiquement et officiellement ouvert les vannes. Parodiant Voltaire et son "je ne suis pas d'accord avec vos idées, mais je me battrais... etc", Nicolas Sarkozy a cité le besoin impérieux de voir les idées d'Olivier Besancenot défendues, en affirmant que "la démocratie ne saurait être confisquée par un petit nombre de gens". Il a dit Besancenot, en réalité, il pensait très fort surtout à Jean-Marie Le Pen. Qu'est-ce à dire ? Tout simplement qu'il demande aux élus de parrainer tout le monde, afin que chacun puisse être candidat. Officiellement pour l'instant, l'UMP s'en remet à la bonne volonté des 26 041 maires élus sans étiquette, recensés par le ministère de l'Intérieur. En réalité, personne n'est dupe, Nicolas Sarkozy donne bien un blanc seing à ses propres troupes UMP pour donner un coup de pouce au candidat FN. Comme le hasard fait bien les choses, 3 élus UMP avaient devancé l'appel, dont hier, un conseiller général de Haute-Normandie. Chaleureusement remercié par Jean-Marie Le Pen, qui néanmoins a affirmé qu'il n'était pas dupe de ce soudain empressement démocratique, qu'il mettait sur le compte des savantes analyses électorales de Monsieur Sarkozy. Et il faut bien reconnaitre que le candidat FN n'a pas tout à fait tort de ne point idéaliser ce geste de bonne volonté. Car si, l'UMP et son candidat s'offusquent aujourd'hui de l'absence éventuelle de Jean-Marie Le Pen au premier tour, ils réalisent surtout qu'elle pourrait leur coûter très cher. Le FN empêché de concourrir ? C'est le désordre démocratique assuré, et surtout, la promesse d'une campagne anti système menée par Le Pen. Nicolas Sarkozy aurait été le premier à faire les frais de sa vindicte, Ségolène Royal dans une moindre mesure. Mais surtout, devinez qui aurait pu en profiter ? François Bayrou, l'autre candidat auto estampillé aujourd'hui, "anti système"... Voilà 2 bonnes raisons de trouver 500 parrains à Le Pen. D'autant qu'en regardant les sondages à plat, les calculs sont simples. Sarkozy plus Le Pen au premier tour, c'est un formidable réservoir de voix au second tour, pour Sarkozy. Les électeurs du Front National se reportant très largement et sans état d'âme sur le ministre de l'intérieur - ça s'appelle une dynamique. Inutile de la casser. Voilà pourquoi hier, Nicolas Sarkozy a donc ouvert les vannes; voilà pourquoi Jean-Marie Le Pen est désormais assuré d'être candidat, fini le feuilleton. Par contagion sans doute, et dans le secret dessein d'affaiblir la gauche, la même "générosité" pourrait bénéficier à Besancenot, Voynet et Bové. Décidément, le pluralisme démocratique parfois, ça tient à peu de chose !

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