mobilisation en raison du nombre réduit de candidatures pour les municipales
mobilisation en raison du nombre réduit de candidatures pour les municipales © reuters

Les candidats aux municipales doivent déposer leur liste aujourd’hui… une élection de moins en moins partisane.

Oui, parce que le scrutin municipal est particulier. Il concerne des élus qui sont en charge de domaines de proximité, très concrets assez "désidéologisés". D’ailleurs dans les villes de moins de 10.000 habitants, c'est-à-dire dans plus de 30.000 communes, l’étiquette politique est souvent absente ou alors très indicative : divers droite, divers gauche, intérêt communal. Souvent elle est en rapport avec la couleur politique du département. Mais la plupart du temps c’est bien la personnalité du maire qui prime.

Au-delà de 10.000 habitants, il est vraiment difficile de distinguer la gestion d’un maire PS de celle d’un maire UMP. La situation sociale et la richesse de la ville déterminera les choix et le style de gestion, plus que l’étiquette. Fini le temps où les maire de gauche multipliaient les maisons de la culture Pablo Neruda quand les maires de droite arrosaient de subventions l’association chargée de rénover l’église !

A situation sociologique égale rien ne distingue vraiment les orientations des maires de centre-droit de Noisy-le-Sec ou de Drancy, en Seine-Saint-Denis, de la gestion de leurs voisins quasiment tous socialistes ou communistes. A part quelques symboles, moins de rue Stalingrad peut être, les contraintes sociales et les budgets serrés, réduisent les possibilités de différentiations. De plus, les communautés urbaines prennent le pas quand il s’agit de déterminer le financement des projets. Ainsi quand Bordeaux, ville UMP dirigée par Alain Juppé est primée dans les classements des villes les mieux gérées, les responsables PS, à la tête de la communauté urbaine de Bordeaux expliquent que ses bonnes notes sont le fruit de leur politique. Bref, l’UMP et le PS revendiquent la paternité d’un même bilan…

Ça n’aide pas à la différenciation !

Et c’est bien naturel…une piste cyclable, un tramway, un aménagement urbain, un ramassage d’ordure intelligent ou une zone d’activité attractive… ce n’est pas forcement plus Front de Gauche que PS, Modem ou UMP ! Même les politiques de sécurité, caméras de surveillance et police municipale, sont de moins en moins différentiables en fonction de la couleur politique de la majorité municipale.

D’ailleurs les candidats ne se pressent pas pour mettre le logos de leur parti sur leurs affiches ! Une fois qu’ils ont obtenu l’investiture, en général ils ne veulent plus trop en entendre parler. Les leaders nationaux ne sont pas forcément réclamer par les candidats locaux. Je ne suis pas sur que Fabienne Keller, la candidate UMP de Strasbourg était finalement ravie d’avoir, hier soir, Copé et Fillon en Meeting ! Anne Hidalgo, à Paris, limite au maximum sa fréquentation publique des ministres !

En ces temps de défiance généralisée du politique, il faut souligner que dans leur grande majorité les électeurs font confiance à leur maire. La commune est un échelon dans lequel l’action du politique se voit, se ressent. Les limites et les contraintes de cette action sont également plus compréhensibles pour les administrés que l’impuissance publique d'État. C’est pourquoi, aux municipales, le sortant a un avantage indéniable. La lecture politique des résultats des élections des 23 et 30 mars risque donc assez compliquée à interpréter

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