Dernière ligne droite avant la désignation du candidat à l’élection présidentielle pour le parti socialiste, avec les deux derniers débats : demain à la télé, et jeudi pour un meeting à Toulouse. Etat des lieux. Et si on les oubliait un peu, les spécialistes du coup médiatique, les orfèvres du ragots, les prix nobel de l'hystérisation. Qui sur son blog ? Qui dans une salle pour faire la claque ? Qui dans les couloirs pour provoquer, humilier ? Oublions les car ils n'ont pas réussi à abimer le débat socialiste. Parce qu'il est réjouissant ce débat à ciel ouvert, malgré des arguments politiques parfois rugueux. Parce qu'il révèle 3 personnalités fortes, 3 visions du pouvoirs. A Laurent Fabius, la ligne de gauche, laïque et anti libérale. A Dominique Strauss-Khan, l'héritage des années Jospin, pragmatisme et contrat social. A Ségolène Royal, la réconciliation du citoyen et de la politique et une intuition hors norme pour anticiper les mutations de la société. Réjouissant ce débat, parce qu'il galvanise chacun des candidats. L'offensive de Fabius et DSK pousse Royal à clarifier, à affirmer son discours, à aller chercher plus profondément encore en elle une victoire que ses amis lui prédisaient si facile. La suprématie de Ségolène Royal dans les sondages et sur le terrain comme, on l'a vu samedi, où 1300 personnes étaient venues la soutenir dans l'Aude. Cette suprématie pousse aujourd'hui DSK à casser cette coquille confortable de brillant économiste qui serait définitviement abonné à Bercy. Elle oblige Laurent Fabius, orfèvre en mécanique politique, à humaniser son discours, à mettre au jour un autre Fabius pour tenter d'en finir avec l'éternel et injuste procès en arrogance et en insincérité. Réjouissant enfin ce débat parce qu'il dessinne et malgré les candidats eux-même, une sorte d'équipe socialiste idéale. Celui ou celle qui sera désignée aura l'obligation de s'en souvenir. Alors que la droite, elle, se confronte mais à coups de poignards, cachés derrière les tentures des palais de la République. Et même si Nicolas Sarkozy ironise aujourd'hui sur ces débats, il sait que les ennuis du PS se règleront au moment où les siens vont réellement commencer avec sa majorité. Et demain, pour le débat télévisé, place aux questions internationales. Et il devrait y avoir des surprises. Ségolène Royal, accusée de n'avoir aucune vision du monde, a pris les devant. Et s'exprime beacoup avec un discours de fermeté sur l'Iran et parfaitement millimétré sur Israël-Palestine. Un discours qu'on ne lui connaissait pas et qui a surpris ses concurents - notamment Dominique Strauss-Khan, fin connaisseur de ce dossier. Demain, Laurent Fabius aura lui aussi une belle carte à jouer puisqu'il sera question d'Europe et qu'il est aujourd'hui le porteur du "non" français à la Constitution. Et s'il n'a pas réussi, dans le parti, à capitaliser cette victoire, il peut, demain, affirmer un peu plus encore sa ligne de gauche dans l'opinion. Encore un débat qui devrait faire mentir les esprits chagrins. Une chronique de Françoise Degois.

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