Cela fait aujourd’hui six mois que François Hollande a été élu. Comment cette date symbolique est-elle vécue à l’Elysée ?

Tout d’abord, quelle est la bonne date ? « Le 6 mai, ou bien le 15, jour de la prise de fonction de François Hollande », s’interrogeait hier son entourage, avec un brin de malice, comme pour relativiser ce type de bilan d’étape un peu artificiel, mais qui peut s’avérer risqué, parce qu’il pointe les réussites et les échecs d’un gouvernement, les ancre dans le temps et la mémoire collective. Nous évoquons souvent les neuf premiers mois de la présidence de Nicolas Sarkozy, du Fouquet’s, au « casse-toi pauv’con », une période agitée dont l’évocation a pesé lors de la dernière présidentielle.

L’un des plus proches collaborateurs de François Hollande, Pierre-René Lemas, se montre optimiste, alors que le gouvernement est dans la tourmente: « nous avons poussé en un semestre les réformes sur la fiscalité, les dépassements d’honoraires. La conférence sociale se prépare, nous y arrivons », explique le secrétaire général de l’Elysée, qui estime que les Français ont pris conscience de l’aggravation de la crise ces derniers mois. « Ce que révèle le rapport Gallois est un état des lieux d’une France telle que nous l’avons trouvée, la dette et le chômage ne datent pas de juillet », ajoute l’entourage du président, pour répondre aux critiques de la droite.

Comment François Hollande lui-même aborde ces 6 mois ?

Le chef de l’Etat, bizarrement, s’est éloigné de Paris, en allant jusqu’au Laos, au moment de la remise du rapport Gallois, laissant son Premier ministre seul à la manœuvre. Certains y voient une prise de distance avec le sujet. François Hollande a fait le choix de replacer Jean-Marc Ayrault en première ligne, à la case compétitivité, et non plus au chapitre des couacs : c’est le Premier ministre qui va piloter le séminaire gouvernemental tout à l’heure et annoncer les arbitrages, qui ont déjà été retenus en amont, dans les grandes lignes, à l’Elysée. François Hollande de retour de son voyage officiel ne sera pas bien loin pour suivre le déroulement des opérations.

Et c’est le Premier ministre qui ira également s’expliquer ce soir sur TF1. L’un de ses conseillers promet « un moment de vérité et une volonté de trancher dans le vif », ce que le président a appelé des « décisions fortes ». Jean-Marc Ayrault, en fait, doit remettre le train gouvernemental sur les rails, ce n’est pas rien. C’est à lui d’annoncer les nouvelles les plus difficiles, avant la conférence de presse du président, la semaine prochaine, autour du 15 novembre, la date n’est pas tout à fait arrêtée. François Hollande veut clore cette séquence destinée à enrayer, si possible, la chute libre de l’exécutif dans les sondages. Lui qui aspire à retrouver un peu d’oxygène, un peu de temps, et un fonctionnement normal des institutions.

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