Donc, ce soir, le président s’exprime… tout simplement pour reprendre pied.

Ou même…encore plus simple, pour nous convaincre qu’il y a toujours un président: on en est là ! Pas besoin d’enquête d’opinion pour dire que la présidence Hollande est au point mort. Pire qu’une hostilité politique, pire qu’une opposition sur la ligne suivie (la ligne est même plutôt acceptée), l’impression générale, c’est l’impuissance. Pour résumer la situation, on peut dire que François Hollande et sa majorité sont impuissants à appliquer une politique qui apparait, pour le plus grand nombre, comme leur étant imposée par les circonstances, la conjoncture, Bruxelles et Berlin. Impuissant à appliquer une politique qui, en plus, n’a pas été annoncée clairement pendant la campagne, il y a deux ans et demi. François Hollande n’avait pas seulement promis… il avait prédit : retournement de la courbe du chômage, déficit réduit, retour de la croissance. Ne pas tenir ses promesses est une chose, se tromper à ce point dans les prédictions en est une autre, aggravante. Ça veut dire que le capitaine nous montre un cap qui n’existe pas ! Sa parole est donc dévitalisée. Il faut réanimer le président. Le problème, c’est qu’il est le seul à pouvoir le faire. Essayez de vous faire vous-même un massage cardiaque ! La première partie, une interview plus personnelle, réalisée par Thierry Demaizière, sera peut-être l’occasion d’explorer la question de l’incarnation. Pourquoi François Hollande n’incarne-t-il pas, dans l’esprit des Français, la fonction de président ? Faut-il d’ailleurs qu’il nous parle de lui ? Le président doit penser que oui, puisqu’il a accepté que l’émission s’ouvre sur une séquence dans laquelle il sera forcément question de sa personne.

La question de sa capacité à occuper la fonction se poserait-elle si le chômage baissait ?

Pas sûr effectivement… mais regardez Obama ! Il y a, en ce moment, une crise du présidentialisme, de la représentation symbolique par un homme. Représentation qui a de plus en plus de mal à s’articuler avec cette aspiration grandissante à plus de démocratie horizontale. Au-delà de la panne des résultats, il y a en France, en ce moment, un problème entre la population et la représentation politique, quelqu’elle soit… peut-être à l’exception des maires. La clef de voute de nos institutions : la présidence de la République, sur qui tout est censé reposer, est logiquement aux avant-postes de la défiance. Alors le désamour que subit François Hollande est-il plus lié à François Hollande ou à la fonction elle-même, devenue impotente? C’est, en réalité, la grande question. Parce que si c’est lié à la fonction, François Hollande peut toujours se brancher des défibrillateurs, ce sera vain. Il cumule les effets de son impuissance et celle de ces prédécesseurs, depuis 1995 et la fracture sociale de Jacques Chirac. Jamais réduite. Puis Nicolas Sarkozy, souvenez-vous, il parlait de la présidence Chirac comme du règne d’un roi fainéant. Sarkozy, à son tour, n’a rien réglé. Bref, ce soir, l’hôte de l’Elysée doit tenter de réhabiliter deux personnes : François Hollande, et le Président de la République. Ça fait beaucoup pour un homme à terre.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.