Ce matin : guerre de civilisation !

Oui et puisqu’Eric Zemmour nous fait le plaisir d’être à France Inter ce matin, je ne veux pas le décevoir, je vais donc faire un édito bien-pensant, politiquement correct… Vous savez, ces concepts qui désignent généralement des thèmes qui ont gagné dans la société mais que ceux qui le regrettent, pointent du doigt. Il y a quelques années, la gauche parlait d’ « idéologie dominante » pour faire la même chose…se faire passer pour résistante face à l’oppression d’un pouvoir et de ses petits soldats qui imposeraient leurs codes et leurs dictats idéologiques et culturels à l’ensemble de la société. Aujourd’hui, c’est une certaine droite assez réactionnaire qui fustige la nouvelle idéologie dominante « droit-de-l’hommiste », gay friendly, féministe, antiraciste, vendue au mondialisme « métisseur » et fossoyeuse de la famille traditionnelle. Le billet de François Morel de vendredi dernier sur Hervé Gourdel, m’a fait penser à un texte, à peu près inverse, dans ce qu’il exprime. Un texte de Philippe Muray. Auteur fétiche de tous les nouveaux réac’ identitaires… Il s’agit du "Tombeau pour une touriste innocente" écrit, donc par Philippe Muray en 2003. Il s’y moque d’une touriste altruiste et curieuse, naïve et idéaliste. Je cite Muray : « Elle était bête, crédule et confiante. Elle n’avait du monde qu’une vision rassurante ». A la fin du poème, ce sont toujours les mots de Murray : « cette radasse, écologiste et un peu alpiniste » se fait –l’imbécile- égorgée par un islamiste. Le monde est glauque, sans espoir, et, en bon célinien pour qui la « confiance » est une faiblesse coupable, Muray et ses admirateurs d’aujourd’hui cachent leur trouille de la différence et de l’avenir dans un dénigrement du bon sentiment et de l’ouverture. Ce texte d’il y a 10 ans fait étrangement écho au drame vécu par Hervé Gourdel. Finalement, on en vient à se demander si, au lieu d’opposer chrétiens et musulmans, occident et orient, la guerre de civilisation n’opposerait pas plutôt, d’un côté, la jeune femme du texte de Muray, les indécrottables bien-pensants, les étudiants démocrates Syriens de 2011 ou de Hong-Kong aujourd’hui, les partisans du métissage, de la mixité sociale et culturelle, les féministes, le tenants de l’identité heureuse… et de l’autre côté, les tenants de l’identité malheureuse, du modèle unique de la famille, des frontières, de l’affirmation des dogmes religieux, de Poutine, de Bachar El Assad et de ses meilleurs ennemis, les islamistes, de l’égorgeur du personnage de Muray? En réalité il n’y a pas de guerre de civilisation. Il y a simplement deux camps, deux visions : ouverte ou fermée, confiante ou méfiante. Deux visions que l’on retrouve partout dans le monde qui, au fond, ne correspondent à aucune identité, aucune origine.

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