La Covid, une blessure d’orgueil pour les Français…

Quel affront pour nous ! Avoir l’un des taux de contamination les plus élevés du continent… alors que d’ordinaire, nous nous vantons à l’extérieur, et nous gargarisons à l’intérieur, de notre système de soin, le meilleur de la planète d’avoir l’administration la plus performante ! Nous dégoisons en permanence sur notre Etat, tout en considérant qu’il est le champion du monde ! C’est à lui que tous les acteurs économiques, tous ceux qui ont une revendication quelle qu’elle soit, s’adressent exclusivement. Hé bien là, même s’il a répondu présent en dispensant des milliards pour amoindrir la catastrophe économique et sociale, il s’est montré incapable d’organiser la logistique des masques avant l’été et maintenant celle des tests. L’Etat stratège n’est pas à la hauteur dans une crise qui nécessite des ajustements continus, il semble toujours avoir un temps de retard, hésitant entre jacobinisme et girondinisme, hésitant à faire confiance aux collectivités locales… Il faut dire que la défiance est partagée : Marseille veut créer son propre conseil scientifique ! Notre système de santé qui était -pensait-on- social et efficace à la fois (unique au monde), se trouve, en réalité, plus vite embolie que celui de nos voisins du nord, éternelles et exaspérantes référence d’efficacité modeste. Même les italiens réputés latins brouillons font mieux que nous ! Comble de la mouise… l’aéronautique et le tourisme, deux piliers essentiels de notre économie… dont nous sommes si fiers… sont deux principales victimes du Covid… de quoi entamer une jolie déprime nationale. 

Nos piètres performances sur le front du virus viennent-elles aussi de notre caractère national ?

C’est la question qui est dans toutes les conversations, au café, là où ils sont encore ouverts. Nous sommes très forts pour psychanalyser notre pays. Généralement, bien sûr, c’est de la psychanalyse de comptoir. Nous entonnons facilement, nous pays de l’art de vivre, une sorte d’hymne à la vie ! N’avons-nous pas la chance de vivre dans le plus beau pays du monde ? Ne sommes-nous pas dépositaires du bon goût ? On se dit, comme Nicolas Bedos, ‘nous devons vivre quitte à en mourir’. On est bravache, romantique… A moins que nous ne soyons plutôt prétentieux, égoïstes et individualistes. Parce qu’en réalité, personne ne prend de risque que pour lui-même. Sans parler du risque de contaminer les plus faibles, il n’y a aucun courage, aucun amour de la vie à  ne pas se protéger temporairement…  Si Nicolas Bedos et tous les bons vivants bien de chez nous ne prenaient des risques qu’à leur compte… Pourquoi pas. Mais s’ils sont admis à l’hôpital, ils retarderont l’opération d’un cancéreux, ils monopoliseront le respirateur, pendant des semaines, d’un asthmatique, ils pomperont, les finances de la sécu déjà au plus mal. Ce qui ressort, pour l’instant, de la France comme tableau… n’est pas glorieux : un pays inefficace, prétentieux, peuplé d’individualistes… Et un pays, de surcroit, qui passe son temps à se dénigrer… Comme je viens de le faire… En bon Français !

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