Deux meurtres de plus à Marseille qui s’enfonce dans la violence…

Il y a une spécificité marseillaise mais il faut faire attention au phénomène de la mécanique médiatique dite de « la loi des séries ». L’idée étant établie que Marseille est devenue Chicago, dès qu’il y a un assassinat, toute la presse scande en chœur : « un de plus » ! Et l’effet amplificateur joue à plein ; cela dit, là il y en a deux et les chiffres révèlent quand même une vérité : les Bouches-du-Rhône sont en tête sur Paris (qui rappelons-le est aussi un département) et sur la Seine-Saint-Denis pour le nombre d’homicides. Dans un contexte où le nombre de meurtres baisse au niveau national, il augmente à Marseille. Principalement les crimes liés au banditisme et au trafic de drogue. Face à ces assassinats, mais aussi à la violence quotidienne, une polémique s’est développée entre Manuel Valls et Jean-Claude Gaudin. Le ministre mettant en cause l’inaction du maire, et le maire accusant le ministre de favoriser d’autres villes pour des raisons politiques. La réalité c’est que Marseille est une ville désindustrialisée, une ville totalement sous équipée en terrains sportifs, salles de sports, bibliothèques municipales, centres culturels et autre lieus de rencontre et de socialisation, notamment dans les quartiers nord. Essayez d’aller dans une piscine municipale à Marseille, c’est quasiment impossible. Si l’on compare Marseille à ce que sont devenues ces dernières années les villes de Lille, Bordeaux, Nantes, Lyon, Toulouse, il y a un monde qui tient à la structure économique de la ville, à la pression démographique, à l’urbanisme…. Mais aussi et peut-être surtout à la gestion de la municipalité et du département.

La droite et la gauche sont responsables alors, puisque la mairie est UMP et le département des Bouches-du-Rhône est socialiste.

Oui, l’essoufflement d’un Jean-Claude Gaudin, âgé, dépassé, multi-cumulard, auto-caricature de lui-même, combiné au système de clientélisme et d’affairisme, de mise, au Conseil général, font que ce territoire n’est plus géré depuis longtemps avec l’intérêt général comme premier objectif. Le clientélisme le dispute à l’esprit politicard et combinard… et finalement l’Etat, le gouvernement, en dehors de la maîtrise des effectifs de la police nationale, n’a que très peu de marge de manœuvre. Les élus marseillais sont les premiers et les principaux responsables de la situation de leur territoire. Il est grotesque de penser que le ministère de l’Intérieur d’aujourd’hui défavorise sciemment Marseille parce qu’elle serait de droite comme il serait ridicule de penser que le ministère de l’Intérieur d’avant voulait la peau de la présidence socialiste du Conseil général, de Jean-Noël Guérini, autre caricature ambulante. Ça ne se passe nulle part ailleurs ! Face à l’imbrication des compétences, et de ses fromages qui vont avec, entre la mairie, la communauté urbaine, les département et la région, le suivi des crédits dans une ville comme Marseille est un casse-tête. La déperdition est très forte ; un haut fonctionnaire d’Etat en charge de ces questions… et qui a œuvré dans d’autres régions me le confiait : l’Etat a du mal à agir à Marseille et une grande partie des élus locaux ne sont pas à la hauteur. Seule une refonte institutionnelle, notamment par l’instauration d’une métropole qui engloberait Marseille, Aix et une bonne partie urbanisée du département serait à même d’instaurer une nouvelle gouvernance locale. Le gouvernement souhaite la création d’une telle métropole. La plupart des élus locaux n’en veulent pas évidemment ! Le Front National, lui, se prépare. Il progresse toujours quand le PS et l’UMP échouent successivement. A Marseille, le PS et l’UMP local échouent lamentablement mais de concert ! Le FN n’est plus très loin.

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