On parle beaucoup de remaniement en ce moment… qu’en est-il vraiment ?

Je n’en sais rien ! Et ce n’est pas parce que je suis en grève ! C’est juste que je m’en fiche ! On va faire un petit test autour de cette table (Léa, Patrick, Philippe, Charline) comment s’appelle le secrétaire d’Etat chargé du Commerce et de l’artisanat ?... Nous avons quand même à faire aux deux interviewers les plus écoutés de France (avant la grève… au moins)… En dehors d’un vaste remaniement politique, que personne n’envisage aujourd’hui, l’idée de faire entrer quelques amis de Martine Aubry et un ou deux écologistes, est visiblement abandonnée. Personne ne s’en apercevrait et cela voudrait simplement dire que le Président tente d’élargir artificiellement l’assise de sa majorité sans changer de politique. La seule question qui vaille est donc celle de la poursuite ou non de la politique actuellement suivie. A l’Elysée on affirme, qu’à quelques réglages budgétaires près, il n’est pas question de dévier de la ligne Macron/Valls. Ceux, à gauche qui estiment que les dernières élections militent pour une réorientation de la ligne devraient relire tranquillement les résultats dans le détail ! Les électeurs de gauche sont largement restés chez eux. Certain ont voté à droite, ou même à l’extrême droite. Ils n’ont pas voté plus à gauche. Toutes les enquêtes d’opinion qui complètent les résultats des élections locales ou partielles le montrent : Il n’y a pas une demande de plus de gauche mais de plus de résultats, notamment sur le plan de l’emploi.

Ça se traduit par une situation paradoxale concernant Manuel Valls

Oui, la popularité de Manuel Valls est en forte baisse mais une grande majorité de Français ne souhaite pas que François Hollande change de Premier ministre. La seule alternative souhaitée à politique actuelle, est de droite, donc pas d’actualité. L’opinion respecte le rythme des institutions. La question du remaniement n’a donc aucun intérêt, on l’a vu… elle ne constitue que l’écume de la vie politique. Mais dans les mois qui viennent, à mesure que l’on se rapprochera de l’élection présidentielle, une tension risque de se manifester entre Hollande et Valls. Le couple de l’exécutif fonctionne de façon harmonieuse, seulement des logiques contradictoires vont apparaître presque mécaniquement… François Hollande, pour espérer briguer un 2nd mandat, aura tendance à vouloir sacrifier la cohérence de son action à un élargissement politique de sa majorité. En revanche, Manuel Valls, pour que sa politique donne des fruits et pour achever de marquer son camps (par la preuve) de son emprunte de gauche libérale, aura besoin de cohérence limpide, loin des synthèses vaporeuses. Cette tension, quasi inévitable entre les deux têtes de l’exécutif à l’approche de 2017, est directement issue de la mécanique infernale de l’élection présidentielle à la Française qui veut que, (plus qu’ailleurs) les logiques nécessaires pour gouverner et pour se faire réélire soient contradictoires. D’ailleurs, les seuls présidents réélus (Mitterrand et Chirac) l’ont été quand leur Premiers ministres leur étaient opposés (Chirac et Jospin).

Au fait, la secrétaire d’Etat au Commerce s’appelle carole Delga !

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