Mais que veut Edouard Philippe ? Ce n’est pas limpide dans le livre qu’il publie avec son ami Gilles Boyer sur son expérience à Matignon… Il parait évident qu’il prend date.

Edouard Philippe publie un livre sur son expérience à Matignon, mais ses ambitions présidentielles demeurent floues.
Edouard Philippe publie un livre sur son expérience à Matignon, mais ses ambitions présidentielles demeurent floues. © Getty / Francois G. Durand/Getty Images

En cas d’impossibilité pour Emmanuel Macron en 2022. C’est peu probable mais (puisque le livre est émaillé de références cinématographiques… J’en ajoute une… comme dit Jean-Claude Dus ’sur un malentendu : la pandémie, le risque Le Pen. 

Imaginez la situation si dans les mois qui viennent toute une série de sondages donne Marine Le Pen gagnante. Imaginez la pression qui pèserait alors sur le président ! Il faut donc être prêt. Les macronistes de souche sont agacés de voir l’ancien Premier ministre refuser la posture de thuriféraire du président qu’ils attendent de lui. 

Seulement pour être une alternative crédible Edouard Philippe se doit de garder une certaine distance vis-à-vis d’Emmanuel Macron ! 

Le philippisme n’est pas exactement le macronisme et Edouard Philippe se rappelant au bon souvenir des Français, crée, de fait une situation politique nouvelle : il propose, de façon à peine subliminale, aux modérés de droite et de gauche, l’idée d’une alternative à Emmanuel Macron. Alors tentons (comme nous le faisons désespérément pour le macronisme) de définir le Philipisme.  

Le Philipisme plus facile à définir que le macronisme ? 

Oui parce qu’Edouard Philippe est plus classique. C’est un classique moderne. 

Il est de droite… d’une droite que la gauche aime bien. Un peu comme Simone Veil… ou Alain Juppé sur la fin.

Comme, Michel Rocard ou Jacques Delors étaient de la gauche que la droite aime bien. Ces gens-là avaient du mal à être présidentiables avec ce mode d’élection par lequel il fallait, au premier tour, affirmer puissamment l’identité de son camp. Règle caduque depuis l’élection de 2017. 

Mais si l’arrivée d’Emmanuel Macron a brisé le vieux clivage, il n’a pas permis de structurer une offre politique lisible. Ce qui est lisible en revanche c’est que le centre-droit est au pouvoir. 

Edouard Philippe représente aussi cette droite modérée, européenne et libéral, à la française, c’est-à-dire tempérée. 

La différence avec Emmanuel Macron réside dans la conception de la gouvernance

Edouard Philippe dit ‘présider et gouverner ce n’est pas la même chose’. Voilà une sévère critique du macronisme. L’hyperprésidence sarkozienne est toujours de mise avec Emmanuel Macron du fait de son tempérament, du quinquennat (qui lie, mécaniquement la majorité parlementaire au président, effaçant le Premier ministre) mais aussi en raison de l’accélération du temps politique avec le tout-info et de réseaux sociaux. 

Le danger pour Emmanuel Macron c’est que son électorat se laisse convaincre, au fil des mois, que la personnalité, le type de gouvernance plus classique (d’aspect moins arrogant) que suggère Edouard Philippe, soit plus adapté pour gagner face à Marine Le Pen.

Revenir à l’idée rassurante d’un président arbitral, selon la ‘grammaire de la Vème république’ (terme que l’on retrouve dans le livre) c’est bien ce qu’a en tête l’ancien Premier ministre. Saurez-vous le lui faire dire tout à l’heure, Léa et Nicolas ? C’est votre mission si vous l’acceptez. Mais cet édito ne s’autodétruira pas pour autant ! 

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