Il fait une entrée fracassante dans le palmarès des personnalités les plus populaires : 87% des français ont une bonne opinion de Nicolas Hulot selon le baromètre IFOP publié ce matin par "Paris Match." Désormais tout le monde aime l'animateur de TF1, candidat hypothétique à l'élection présidentielle... tout le monde ou presque. Mais ce matin néanmoins une question : qui sont les 13 % qui n'aiment pas Nicolas Hulot ? Qui peut oser dire aujourd'hui qu'il ne souhaite pas que les enjeux écologiques soient une priorité ? Qui peut contredire un homme qui explique que la lutte contre le réchauffement climatique concerne tout le monde ? Qu'il faut produire autrement ? Que le tout voiture, comme le tout pétrole nous emmènent dans le mur ? Qui peut bouder ce baroudeur médiatique qui décrète l'urgence écologique parce que lui a vu notre planète se dégrader, se rabougrir ? Qui peut trouver antipathique un homme qui a déjà refusé d'être ministre, et qui affirme aujoud'hui que son ambition est de ne pas être candidat ? Même la FNSEA, peu connue jusque là pour ses prises de position écologistes, s'est fendue d'un communiqué au moment de la parution du livre programme de Nicolas Hulot, "Pour un pacte écologique": "nous ne partageons pas une grande partie de ses propositions agricoles, dit la FNSEA. Mais à la différence de beaucoup d'écologistes bornés, (je la cite), le responsable d'Ushuaïa a toujours privilégié la discussion" On ne les connait pas tous mais on peut en citer quelques uns : Les Verts par exemple. C'est possible que les 2% d'électeurs qui se disent prêts à voter pour Dominique Voynet soient fortement agacés par le triomphe de Nicolas Hulot, même si certains sont aussi touchés par la grâce, "Hulot c'est le Cousteau du XXIème siècle" s'est exclamé Yves Cochet ! Alors dans les 13%, peut-être trouve-t-on aussi tous les autres petits candidats à la présidentielle, jaloux de son succès. Peut-être y a-t-il Laurent Fabius, vexé d'avoir pris une veste alors qu'il proposait à Nicolas Hulot d'occuper le poste de vice premier ministre chargé du développement durable, qu'il a lui même imaginé. Peut-être enfin y a-t-il quelques personnalités de la direction de France 2 qui s'échinent depuis des années à trouver un programme pour concurrencer Ushuaïa sur TF1 qui réunit en moyenne plus de 7 millions de téléspectateurs... Allez, on ne va pas tous les dénoncer, mais ce que dit cette popularité, c'est sans doute notre shizophrénie. Nous adorons tous le film d'Al Gore et trouvons Hulot formidable. Mais au final, il n'y a que 10% maximum de français à dire qu'ils pourraient voter pour l'animateur de TF1. La préoccupation écologique n'arrive qu'au 7ème ou 8ème rang de leurs priorités. Et pour faire un peu dans la caricature, on peut aimer Nicolas Hulot et rouler en 4/4 à 150KM/H sur l'autoroute ! Et puis pourquoi aime-t-on Nicolas Hulot ? Parce qu'il ne fait pas de politique ! Ce qui veut dire que s'il est candidat, il perdra automatiquement de son aura, il sera catalogué "politicien". Ce qui montre combien il est ingrat aujourd'hui d'être "politicien" justement. Etre ministre de l'environnement par exemple, c'est se battre avec les chasseurs, les pêcheurs, le lobby nucléaire et les anti, les pro éoliens et ses pourfendeurs, l'industrie automobile, la ligue de protection des oiseaux, les Etats-Unis et la Chine. Etre ministre, c'est faire, et décevoir ; c'est assumer un bilan, maigre souvent, mais un bilan et c'est vrai que dans ces cas là, il y a rarement 87% de français pour vous trouver formidable.

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