**Évidemment, c’est le jour ! Vous nous parlez ce matin des écologistes.Oui et dans cette journée consacrée à ce qu’il y a de plus noble en politique puisqu’il s’agit ni plus ni moins de réunir les dirigeants du monde entier pour décider des voies et moyens de sauver la planète, permettez moi, l’espace de cette petite chronique de revenir à la politique politicienne française. Je sais c’est mal, c’est un peu comme d’allumer un cohiba dans la salle des prématurés d’une maternité, ou d’envoyer des SMS pendant une audience avec le pape…mais bon le petit bout de la lorgnette permet aussi, quelques fois de voir des détails utiles… et de ce point de vue, les écologistes français, c'est-à-dire les verts et plus globalement la nébuleuse politique verte caractérisée par Europe Ecologie bénéficie, de la part des observateurs politiques d’une bienveillance assez exceptionnelle. Je m’explique: comparé à ce que l’on fait subir au PS ou à l’UMP que l’on brocarde à loisir, dont on souligne les divisions internes, dont on moque les égos concurrents, dont on détaille les turpitudes politicardes… nous sommes vraiment d’une bienveillance qui pourrait paraître suspecte avec les écologistes. Parce que si, avant les européennes - qui on été un succès pour eux- on ironisait facilement sur leur coté groupusculaire immature, sur la façon exaspérante de se perdre en débats de procédures internes, depuis…rien. Les écolos semblent représenter l’alpha et l’oméga de l’organisation politique. Europe écologie serait même une forme avant-gardiste de ce que seront les mouvements politiques de demain. Et puis, tout simplement, sur le fond, leurs idées, les préoccupations qu’ils ont réussis à imposer au débat national apparaissent maintenant comme légitimes et vraies. Tous les autres partis, après les avoir ignoré superbement pompent leur thèmes, recyclent leur idée, bref valident, pour une grande part leur vision du monde. Du coup, puisqu’il y a du fond et un projet on porte un regard moins sarcastique sur l’organisation. Hé pourtant il y aurait à dire : imaginez : Jean-Vincent Placé, le président du groupe des verts au conseil régional d’Île-de France, qui devait être tête de liste, cède sa place dans la douleur à Cécile Duflot, Bruno Rebelle, pressenti en Rhône-Alpes n’a pas pu être investi à cause d’un contre-feux allumé par son ennemi Michèle Rivasi (qui lui avait succédé à la tête de green-peace France), aidé en cela par Gaby Cohn-Bendit, (le frère), qui, pour se rallier au réseau dit des pédagogues a souhaité pousser la candidature de Philippe Merieux tout en menaçant de créer son propre mouvement après les élections. Tout ça se déroule lors de réunions à psychodrame avec parfois des larmes et des portes qui claquent. Les écolos ne sont pas des Bisounours, ils ont leur versant politicard eux aussi. Ce qui existe au PS et à l’UMP est aussi une réalité chez les écologistes, il y a aussi de vielles rancunes, des passés idéologiques très divers et des ambitions personnelles qui s’entrechoquent… alors c’est étonnant mais, contrairement ce qui se passe au PS et à l’UMP, on a l’impression que quand c’est chez les verts, on s’en fiche ! Alors malheureusement pour eux, ce n’est pas par bienveillance mais c’est surtout parce qu’en vrai, on s’en fiche. Les divisions et concurrences internes à l’UMP et au PS ont ceci de beaucoup plus important à commenter (même si bien sûr on en abuse) que de ces bisbilles internes sortiront sans doute le nom du prochain Président de la République. La politique française est ainsi faite que l’élection présidentielle est au cœur de tout. Et ce n’est pas (pas avant longtemps en tout cas) du camp des écologistes que viendra le prochain chef de l’Etat.**

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