Au lendemain du sondage mensuel Ipsos pour France Inter, petit point d’étape de la campagne électorale. Ce matin, François Hollande.

Oui les sondages sont encore très favorables à François Hollande. Pour le deuxième tour on est toujours à 60/40 pour Ipsos, 59/41 pour BVA ce matin… même si personne n’imagine que ce sera le score à la fin mais nous sommes dans des écarts inédits à moins de cinq mois du scrutin… Seulement voilà, il y a une pente ! La pente est douce mais elle est là… François Hollande est dans un « entre deux » compliqué à passer. Un « entre deux » puisque l’euphorie de la primaire est retombée. Très vite, les cafouillages inévitables de la constitution des équipes, de l’installation dans des locaux de campagne se déroulent sans véritables dommages sur l’image du candidat et la mauvaise passe de l’accord avec les écologistes, de sa publicité brouillonne auraient pu coûter beaucoup plus cher à François Hollande. François Hollande est candidat, ses grands axes de campagne sont proclamés, répétés voire scandés mais les propositions concrètes, chiffrées sont en cours de reformatage. Il faut les rééquilibrer en fonction de la conjoncture et des prévisions de croissance sans cesse amoindries. Aura-t-on encore le triple A à Noël ou en mai ? François Hollande n’a pas intérêt à tout dévoiler trop tôt, avant janvier au risque de devoir modifier ses propositions et de se retrouver dans la situation du gouvernement obligé d’enquiller les plans de rigueur pour coller à la conjoncture.

Ce que vous appelez l’ « entre-deux », période pendant laquelle on n’a pas encore le programme définitif, devrait logiquement être mis à profit par le candidat pour asseoir son autorité.

Oui, et là on peut se demander s’il le fait vraiment, s’il le fait bien. Si l’on regarde les chiffres des différents sondages et enquêtes d’opinion, il se débrouille plutôt pas mal… Seulement ce pourquoi il reste encore largement apprécié par l’opinion, vient de son positionnement politique et de son coté rassembleur. Ce qui inquiète ses partenaires et ses soutiens, même les plus proches, c’est de savoir s’il peut aborder la vraie campagne, dans deux mois, en chef ! C’est-à-dire s’il peut dire non, taper véritablement du poing sur la table. La question n’est pas tant de savoir s’il a du caractère. A ce niveau de la compétition, ne se retrouvent que des hommes et des femmes qui ont un caractère exceptionnel. Non, la question est de savoir s’il peut dire « stop », clairement, se fâcher contre des responsables du Parti socialiste, par exemple. François Hollande nous disait hier, à ce micro : « je ne suis plus le candidat de mon parti, je dois rassembler bien au-delà ». Pour que l’on en soit sûr, encore faudrait-il qu’on le voit recadrer vertement ceux qui le méritent dans son propre parti. Il en avait l’occasion, hier en corrigeant sans ambigüité ni magnanimité partisane, Arnaud Montebourg et Jean-Marie Le Guen pour leurs comparaisons d’Angela Merkel avec Bismark et de Nicolas Sarkozy avec Daladier à Munich… Images qu’il trouvait particulièrement déplacées. François Hollande a choisi une prise de distance assez peu tranchante. Il lui manque donc cette colère saine et rassurante, cette manifestation d’autorité qui sied bien à un candidat à un poste qui (même si on peut le déplorer) reste un poste de monarque républicain. Mais, même sans ce coup d’éclat fondateur, les perspectives de victoire que continue à avoir François Hollande feraient rêver n’importe quel candidat à 122 jours du premier tour...

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