François Hollande gagne 13 points de popularités dans la dernière vague Ifop-Fiducial…

Oui, on n’a pas l’habitude, ici, de commenter les variations de courbes de popularité mais celle-ci est révélatrice de la nature de ce qui, au fond, fait la défiance ou la confiance accordée à nos responsables politiques. Après avoir renoncé à se présenter, après avoir lucidement constaté (lucidement, enfin ça sautait quand même aux yeux) l’impasse électorale dans laquelle il se trouvait, voilà que François Hollande redevient plus populaire, comme s’il donnait un bon coup de pied au fond de la piscine de l’opinion dans laquelle il stagnait depuis 4 ans ! (à l’exception très particulière des courtes périodes post attentats). Tout ce que F.Hollande fait et dit maintenant apparaît comme vertueux, mu par l’intérêt du pays, alors même qu’il ne fait et ne dit rien de différent depuis le jour de son renoncement. Le regard porté sur lui n’est plus empreint de ce soupçon politicien qui plombe l’ensemble du monde politique. Ce soupçon c’est celui d’une société politique qui ne vit que pour elle, pour sa perpétuation et plus pour le bien commun. Si Claude Bartolone ou Xavier Bertrand, avec beaucoup de constitutionalistes, proposent l’instauration d’un mandat présidentiel de 7 ans, unique, non renouvelable, si Alain Juppé, puis Nicolas Sarkozy et enfin François Fillon en étaient arrivés à considérer qu’il leur fallait annoncer clairement qu’ils ne brigueraient pas le renouvellement de leur mandat en 2022, en cas de victoire en 2016, c’est bien qu’ils ont perçu que la 1èrecondition (au-delà du projet proposé) pour retrouver l’oreille des Français était de mettre les présidents en situation d’agir, sans pouvoir se soucier de leur propre destinée électorale future.

Comme François Hollande aujourd’hui…

Oui, F.Hollande, débarrassé de l’hypothèse de sa réélection, est désormais dans cette situation. Cette popularité qui vient, c’est la popularité d’une notion dont on ne parle plus beaucoup. D’une notion oubliée, un peu désuète : servir l’Etat. Servir plutôt que de se servir. Les Français ont le sentiment que les politiques se servent plus qu’ils ne servent. Où sont les grands serviteurs de l’Etat ? Il en existe, en réalité, encore dans l’administration, et aussi dans tous les gouvernements. Généralement ils sont discrets, ne sont pas des chefs de file, ne tentent pas de transgresser ou de cliver pour exister, ne se soucient guère de stratégie de communication, ne se répandent pas en déclarations tapageuses, connaissent leur dossiers. Ils s’en vont discrètement s’ils ne sont pas d’accord. Ils vont alors se faire réélire dans leurs fiefs ou, sans faire de bruit, retournent à leur métier. Et puis parfois, les circonstances font que l’un d’entre eux, l’un de ses grands serviteurs de l’Etat, est propulsé au sommet. Généralement c’est quand il n’y a plus de gloire à espérer, plus de grandes réformes emblématiques à lancer, quand il faut faire marcher l’Etat, faire face au jour le jour, alors que tout le monde regarde ailleurs, vers les feux de la campagne présidentielle plus spectaculaire. C’est dans ces moments-là que ceux qui servent sans se servir sont vraiment aux commandes. Voilà comment Bernard Cazeneuve est devenu Premier ministre.

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