Ce matin vous évoquez une semaine qui s’achève et une impression de grand reflux de la gauche!

L'Assemblée nationale
L'Assemblée nationale © CC Ma Gali

Oui, ça avait commencé par le retrait de la "Loi famille", la mise sous cloche de projets minimums de réforme de société tels que le statut du beau-parent, sacrifié sur l’autel de la pusillanimité sociétale d’un gouvernement ébranlé par les troupes vieilles-France de Ludovine de la Rochère, et par la peur de ses propres divisions sur la procréation médicalement assistée.

Et la semaine se termine par le ministre de l’Intérieur qui, se dit, je cite : «attentif à ce que notre modèle social créé une forme d’attractivité» vis-à-vis des étrangers. En gros, la France serait trop généreuse.

Sur le plan économique, le gouvernement doit trouver 50 milliards pour satisfaire le plan de responsabilité afin de donner de l’oxygène aux entreprises. Cette exigence conduit les ministres à débattre (en plus ou moins off), après le gel des revenus des fonctionnaires, de l’hypothèse du gel des avancements de ceux-ci et en filigrane de la réduction de leur nombre.

Ce n’est pas encore évoqué mais on sent que ça va venir, au rythme ou l’on va, c’est sans doute pour la semaine prochaine : les prestations sociales, la durée et le montant des indemnités chômage seront peut-être les prochains tabous renversés. La gauche au pouvoir, face aux réalités des déficits, estropie son discours, prononce des mots insensés pour elle il y a seulement quelques mois. Un peu comme si l’Église catholique avait décidé de prendre la crise des vocations à bras le corps en envisageant le mariage des prêtres !

On aurait pu penser que le reflux de la gauche en matière économique soit compensé par un maintien de ses positions sur les questions de sociétés. Mais non, la gauche semble se retirer idéologiquement de tous les champs d’action que lui offre sa situation de dominante dans les institutions de la République.

Mais François Hollande avait théorisé le fait de commencer par les efforts pour pouvoir répartir les fruits de la croissance dans un deuxième temps!

Oui, et c’est vrai que si dans quelques mois le chômage, finalement baisse vraiment, il pourra dire « je vous ai demandé des efforts mais aujourd’hui nous pouvons répartir mieux les fruits de la croissance». Avouez que c’est étrange de dire « pour pouvoir faire dans quelques mois une politique de gauche réussissons d’abord une politique de droite ! ».

Mais il ne faudrait pas croire que cette façon de faire est propre à la gauche. Quand on interroge les membres de la majorité précédente sur les raisons pour lesquelles Nicolas Sarkozy n’a pas tenu ses promesses : réduire le chômage et les déficits en appliquant des méthodes de rupture, on se voit répondre : « mais il ne vous n’a pas échappé qu’il y a eu une formidable crise en 2008 ?! Il a fallu que l’État intervienne, on n’a pas pu réduire les déficits. Sans cette crise Nicolas Sarkozy aurait pu appliquer son programme ».

En gros, le programme de réforme de Nicolas Sarkozy n’était pas fait pour affronter une crise, c’était un programme de temps plat, et pour surmonter la crise de 2008, il fallait appliquer les méthodes, dites "de gauche" soutenir la dépense publique ! Un peu comme ce colonel qui se plaint de la lenteur de son avancement « Ah ! s’il n’y avait pas eu la guerre je serais général ».

François Hollande du haut de ses 20% de popularité subit, encore plus que son prédécesseur, les conséquences désastreuse de notre système politique basés sur ce moment démocratiquement tragique : l’élection présidentielle à la Française, qui force chacun à prétendre beaucoup plus qu’il ne peut, à des électeurs qui à chaque fois ne demandent qu’à les croire !

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