Qui aurait cru un jour que nous pourrions comparer Donald Trump à François Fillon ?

Par Frédéric Métézeau.

Le New-Yorkais et le Sarthois ? Le président américain et l'aspirant président français ? Mettons les choses au point, Fillon n'a pas la vulgarité de Trump, ni la même fortune, ni la même ostentation... Le manoir de Baucé n'est pas la Trump Tower et Pénélope Fillon n'est pas Melania Trump...

Et pourtant ?

Et pourtant, hier, lors de sa conférence de sa presse, François Fillon s'est fait trumpien... Sa critique récurrente des medias était une posture trumpienne c'est à dire empreinte de mauvaise foi... A l'entendre des medias en auraient "trop fait"... Ils l'auraient "lynché" par un "procès diffamatoire et calomnieux"... La désinformation des médias "traditionnels", Trump en a fait un argument de campagne, comme il a repris à son compte des informations franchement fausses... Idem hier chez François Fillon à propos d'un soi-disant mail d'excuses envoyé par la journaliste du Sunday Telegraph à son épouse... La rubrique Désintox de Libération démonte point par point l'argumentation de François Fillon mais peu importe, cette "cet alternative fact fillonien" a assénée en direct sur 4 chaînes de télévision d'information continue a viralisé sur les réseaux sociaux... Dans cette affaire, les médias sont comme le messager de la mauvaise nouvelle dans la Grèce antique... "Personne n'aime le messager porteur de mauvaises nouvelles" écrivait Sophocle dans Antigone alors pourquoi pas tuer le messager ? Mais s'il y a un messager porteur de nouvelles inquiétantes c'est qu'il y a de quoi avoir des inquiétudes... Les médecins n'ont pas inventé la grippe, les policiers et les gendarmes n'ont pas créé les voleurs, la presse n'a pas créé les questions autour des emplois de madame Fillon et de deux enfants du couple... Au-contraire, preuve qu'il y a des doutes : hier François Fillon a reconnu une erreur et plus encore présenté des excuses...

Politiquement y-aurait-il du Trump dans François Fillon ?

Hier oui... Dans la façon dont il dit qu'il n'y a pas d'autre alternative que lui... Trump a pu tuer dans l'œuf toutes les critiques au sein de l'appareil du parti républicain car il avait été adoubé par les primaires organisées pendant plusieurs mois dans tous les Etats-Unis... Même rhétorique chez François Fillon hier : "aucune instance n'a la légitimité pour remettre en cause le vote de la Primaire" et aujourd'hui tout le monde serre les rangs... Aujourd'hui à Troyes chez le sarkozyste François Baroin, demain à Juvisy dont le maire soutenait Bruno Le Maire, jeudi à Poitiers chez le juppéiste Jean-Pierre Raffarin... Tous derrière le candidat, voilà ce que nous dira son porte-parole Thierry Solère dans quelques minutes... Il reste encore à convaincre les Français...

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