Emmanuel Macron va recevoir les députés marcheurs mardi…

Et ils ont besoin, ces élus désorientés, furieux, blessés, d’être requinqués. Ils ont été sélectionnés, en 2017, par un comité de proches du président puis élus à la régulière pour ce qu’ils étaient : des citoyens engagés dans le monde de l’entreprise, le monde syndical ou associatif, pour leur diversité et surtout pour n’être pas (la plupart d’entre eux) des professionnels de la politique. Et aujourd’hui voilà qu’on leur reproche leur amateurisme. Ils seraient godillots, Playmobiles… pire ils seraient parfois inhumains, de froids législateurs, outils dociles d’un gouvernement fait de technocrates libéraux. L’ancien patron de PME, l’ancienne présidente locale des Restos du cœur, l’ancien médecin urgentiste devenu député EM… tombent de haut. 

Qu’est-ce que le président peut dire pour les rasséréner ?

Et rasséréner aussi la partie de la population qui n’a pas simplement voté Macron pour éviter Marine Le Pen … c’est compliqué parce que chacun avait suivi le président pour ce qu’il avait cru entendre de lui. Il s’agissait de remettre en route une société bloquée, divisée, de repartir du terrain pour permettre l’émancipation de chacun. Dit comme ça (et c’était dit comme ça), ça sonne creux ! Mais, avides de changer d’ère politique, dans ce creux, chacun de ses soutiens y avait mis ses aspirations et avait fait d’Emmanuel Macron le véhicule de ses propres espoirs. Et d’ailleurs, le nom du mouvement macroniste ne désignait pas un but politique précis mais seulement un moyen de locomotion : En Marche ! Voilà qui aurait dû alerter... La popularité des gilets jaunes et de la grève contre la réforme des retraites est la preuve que la promesse de redynamisation de la société n’est pas tenue. Comment pouvait-elle l’être sans buts clairs ?  La petite et tardive expérience, en cours, de convention citoyenne pour la transition écologique, est un début de tentative de régénération de la vie démocratique avec un objectif. Mais aujourd’hui on peut dire que seul le personnel politique a été renouvelé, pas les pratiques : EM n’a pas su trouver son identité idéologique. C’est-à-dire sa raison d’être. Ce constat établi (pour peu qu’il le soit), deux voies s’offrent à Emmanuel Macron et aux Marcheurs pour 2022. Soit une forme de centre-gauche vraiment écologiste assumé, soit un centre-droit vraiment libéral assumé. Emmanuel Macron aura du mal à se faire réélire sur le seul discours du dépassement du clivage gauche/droite. Et son argument le plus fort, la rénovation (la ‘révolution’ écrivait-il) n’est plus opérant : on ne peut pas être sortant et rénovateur à la fois. Si les marcheurs existaient, si le groupe parlementaire avait su (pu) se constituer un début de colonne vertébrale politique, la question ne serait pas : qu’est-ce que le président va dire aux députés mardi mais qu’est-ce que les députés vont exiger du président ? Ce ne sera pas le cas. Nous sommes maintenant plus près de 2022 que de 2017… la panique s’empare des macroniens sans boussole… c’est le moment de fixer un vrai cap, clair et assumé…

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