Exceptionnellement, l'édito politique est présenté par Jean-François ACHILLI.

L’affaire DSK plombe le démarrage à la primaire socialiste.

Tout le monde ne parle plus que de ça, ou presque, le feuilleton Strauss-Kahn, saison 2, occupe la Une jour après jour, pour ne pas dire heure par heure. La machine médiatique s’est emballée, et comme d’habitude dans ce genre de situation, ceux qui se plaignent de cette déferlante sont souvent les premiers à réclamer discrètement leur dose quand il ne se passe rien de neuf. Du coup, le débat de fond censé différencier les candidats au primaire du PS, est devenu inaudible. Et certains prétendants sont obligés de crier plus fort que les autres, faire du spectaculaire pour se faire entendre. C’est le cas de Manuel Valls qui s’en prend aux 300 mille emplois jeunes et au retour à la retraite à 60 ans, deux mesures phares du programme socialiste concoctées par la direction du parti, censées irriguer la campagne. Mais si vous allez sur le Net ce matin, il ne reste des déclarations du député-maire d’Evry que sa dénonciation, à propos de la plainte de Tristane Banon, du « torrent de merde » qui envahirait la vie politique française. Rien n’y fait, l’affaire DSK submerge à peu près tout. C’est un peu comme l’an passé, quand la réforme des retraites a été brouillée par l’éprouvant feuilleton Woerth-Bettencourt.

Vous y ajoutez la guerre des images : vous aviez hier, d'un côté, celles qui montrent Dominique Strauss-Kahn menotté, assis au tribunal, au bras de son épouse, à la sortie d’un restaurant… elles ont tourné en boucle, pour meubler l’attente devant le tribunal de New-York. Et de l'autre, juxtaposée, l’image souriante d’une Christine Lagarde détendue, en conférence de presse au FMI. C'est assez ravageur.

Les 6 candidats à la primaires socialiste
Les 6 candidats à la primaires socialiste © Radio France

Du coup, les candidats à la primaire évitent le sujet sur le terrain.

Mais rien n’y fait. Les questions sur l’affaire les rattrapent inlassablement. Martine Aubry en tournée à Valence a dû faire une mise au point : « je parle aux Français, c’est mon seul sujet ». C’est un peu comme le sparadrap du capitaine Haddock. Les candidats ne peuvent plus s’en défaire. Mais ça n’est pas tout. Le soutien éventuel de Dominique Strauss-Kahn, s’il revient en France, devient un problème.

Un proche de François Hollande faisait remarquer hier : « Jean-Marc Ayrault, patron du groupe socialiste, et Jérôme Cahuzac président de la commission des finances, ont rejoint François. Quant à Martine, elle va devoir récupérer DSK et Jean-Noël Guérini ».

Ce genre d’amabilités donne une idée de la tension qui monte entre les prétendants.

Au final, Dominique Strauss-Kahn, qui incarnait une sorte d’idéal pour le PS, avec son statut d’archi-favori pour la présidentielle, est devenu aujourd’hui un sujet de trouble. Les candidats socialistes ont mis une croix sur l’été, en priant pour que cette affaire, devenue un boulet pour le parti, soit derrière eux quant tout le monde se retrouvera fin août à la Rochelle.

Le plus étonnant, au sujet de DSK - et cette chronique y participe d’une certaine façon - et que nous n’aurons jamais autant parlé d’un absent, qui a quitté la scène politique nationale il y a quatre ans déjà.

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