Carine Bécard

Manuel Valls refuse toute "berlusconisation de la France"... C'est ce qu'il a dit hier, à l'occasion d'un déplacement dans la ville de Vauvert... La formule se voulait bien sûr provocatrice ! Mais vous y voyez, Carine, plus qu'un fond de vérité...

A première vue, cette expression, cette "berlusconisation de la France", c'est simplement une attaque politique, une de plus, d'un homme de gauche, le Premier ministre... qui s'en prend à un ancien leader de droite, Nicolas Sarkozy qui pourrait bien avoir envie de le redevenir... Et donc, en comparant Sarkozy à Berlusconi - sous-entendant qu'ils sont les deux mêmes, sans cesse cernés par de nouvelles affaires judiciaires, qu'ils crient toujours l'un comme l'autre au complot, et qu'ils ne sont jamais avares, ni l'un ni l'autre, de bons mots contre les juges, Manuel Valls cherche bien sûr, et réussit en partie sans doute, à discréditer l'ancien président.

Maintenant, à y regarder de plus près ! Si Nicolas Sarkozy partage manifestement quelques réflexes communs, quelques ressemblances avec l'ancien président du Conseil italien, François Hollande a, lui, des airs de Romano Prodi, autre président du Conseil Italien entre 2006 et 2008... Il a remporté la première primaire organisée en Italie, il a gagné - par défaut - face à Silvio Berlusconi. Et il a dû gouverner avec une majorité qui s'est effritée et qui l'a même poussée à démissionner... Presque le portrait craché de l'actuel président français... Et ce n'est pas tout ! Regardez à l'extrême droite aussi. Marine Le Pen, qui glisse ses pas dans les traces laissées par Gianfranco Fini. Lui, a réussi à changer le nom de son parti néo-fasciste, le MSI, en une "Alliance nationale"... et il a été nommé ministre sous Silvio Berlusconi...

Bref, la France semble vouée à vivre ce que l'Italie a testé quelques années, avant elle ! Autrement dit, la vie politique française est - de fait - aujourd'hui, italianisée...

En même temps, cela présente un avantage : savoir à l'avance ce qui va se passer en France... !

Marine Le Pen devrait réussir à "normaliser" son parti. François Hollande devrait perdre sa majorité. Sauf condamnation, Nicolas Sarkozy devrait revenir à l'Elysée, mais rapidement remplacé par "le Matteo Renzi français", probablement - certains semblent miser déjà sur lui - l'actuel Premier ministre Manuel Valls, qui devrait donc être appelé à devenir Président...

Voilà ! Tout est écrit !

Enfin, tout est écrit si la grille comparative continue à fonctionner. On s'amusera à le constater - ou pas - dans quelques années. En attendant, la classe politique, et en particulier la gauche au pouvoir, ferait mieux de voir dans ces éventuelles prédictions, de sérieux avertissements ! Comment éviter un FN de plus en plus haut, un François Hollande poussé vers la sortie et un Nicolas Sarkozy pressé de rentrer ? Comment l'éviter ?? En réformant mais en réformant vraiment, efficacement... C'est à dire en obtenant des résultats - palpables pour les gens - et rapidement ! Voilà comment retisser le lien avec les Français... Manuel Valls l'a compris... C'était tout le sens, hier, de son discours à Vauvert... Opter pour des réformes que les électeurs comprennent... Se dépêcher de les mettre en œuvre... Comme le fait aujourd'hui Matteo Renzi... Manuel Valls est décidé à reprendre de l'avance sur l'Italie !

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