Ce matin… un édito Politique… sur le Tour de France ! Une épreuve sportive qui épouse les contours d'un pays ne peut être que politique.

Nicolas Sarkozy sur le Tour de France 2010
Nicolas Sarkozy sur le Tour de France 2010 © AFP / LIONEL BONAVENTURE / AFP

Oui, parce que les Français aiment tellement cette déambulation suante (au sens propre du terme) à travers le pays, que les politiques ne peuvent pas s’en désintéresser. Cette compétition fait partie de la culture populaire française, à tel point qu’Alphonse Boudard a pu dire ceci : « la guerre fut vraiment finie le jour ou Robic, en Juillet 1947, arriva en vainqueur au Parc des Princes. » C’est l’écrivain Christian Laborde qui le raconte dans un joli livre Robic 47 paru aux Editions du Rocher.

Le Tour de 1947, le 1er depuis la guerre, a été spécial. La France était encore en pleine restriction. Il fallait des tickets de rationnement pour tout. Paul Ramadier le président du Conseil a dû aller plaider à la tribune de l’Assemblée la levée, exceptionnelle du rationnement de l’essence pour l’organisation du Tour de France. L’argument imparable de Ramadier a fait mouche : « Messieurs les députés, a-t-il dit, faites des restrictions sur tout ce que vous voulez mais pas sur le Tour de France … parce que le Tour de France, c’est trois semaines de paix ! ».

A l’époque il y avait encore de grosses tensions, le PCF faisait peur aux autres forces politiques. L’insurrection menaçait, les grèves allaient reprendre à l’automne mais en attendant, le mois de juillet serait calme en France, grâce aussi au tour de France. Ça résonne encore aujourd’hui. Les députés ont écouté Ramadier et autorisé qu’un camion-citerne suive la caravane. Et ouf ! C’est un Français qui a gagné (Robic). Petit rayon de soleil dans cette année économiquement et socialement terrible pour le pays.

Tous les présidents de la Vème se sont intéressés au tour de France

Tous, sauf Pompidou qui est mort avant d’avoir pu assister à une étape. Hier, Denis Cheissoux vous a raconté l’étape Vesoul/Troyes et l’arrêt à Colombey-les-Deux-Eglises pour saluer le Général de Gaulle. Cette histoire en dit long sur l’évolution de l’art de la communication en politique. Ce sont, en réalité, les gendarmes qui ouvraient la voie aux coureurs qui se sont aperçus qu’au 3ème rang du public massé à Colombey, une tête dépassait et que c’était celle du Général. Ils préviennent Jacques Goddet, le Christian Prudhomme de l’époque qui, donc neutralise l’étape pour présenter les leaders de la course à de Gaulle.

Beaucoup plus étudiée, la participation de Valery Giscard d'Estaing, toujours soucieux apparaître proche des goûts populaires des Français. Il fait une étape chez lui, dans le Puy de Dôme à l’arrière d’une moto, en short et torse nu ! C’est Valéry Giscard d’Estaing qui a eu l’idée de faire arriver le tour sur les Champs Elysées pour accentuer le coté carte postale promotionnelle de la France à l’étranger.

Nicolas Sarkozy (vrai amateur et pratiquant du vélo) a suivi plusieurs étapes dans la voiture du directeur du Tour, comme François Hollande. On imagine qu’Emmanuel Macron préparer une apparition, peut être au moment de l’étape mythique du Tour Mallet, près de l’un des berceaux de sa famille à Bannière-de-Bigorre. On peut compter sur lui, il va trouver une forme originale pour apparaître. Rappelons lui, à toutes fins utiles que torse nu à moto c’est déjà fait.

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