Ce soir derniers grands meetings de campagne à 3 jours du premier tour des législatives. C'est la majorité présidentielle qui part favorite, mais ce premier tour sera intéressant à bien des égards. Que va-t-on regarder dimanche soir à 20H01 ? Quel camp a gagné, quel camp a perdu bien sûr, et le rapport de force entre la droite et la gauche. Il faudra comparer le nombre de voix obtenues par les ténors de la présidentielle avec celles recueillies par leurs candidats aux législatives dans les circonscriptions. Par exemple, près de 7 millions de suffrages pour François Bayrou le 22 avril. Les candidats du Modem retrouveront-ils 7 millions d'électeurs ? Ou alors, ces électeurs centristes d'un jour ne se sentiront pas forcément centristes toujours, mais dans ce cas-là, sur qui se porteront-ils ? Bref, dans quelques circonscriptions, le Modem de Bayrou pourra-t-il contester à l'Ump son triomphe attendu ? Allez, quel autre zoom ? Tiens, sûrement serons-nous attentifs aux sort des ministres en compétition. 11 concourrent, mais attention, ils n'ont pas droit à l'erreur. Le premier ministre les a prévenus, "pas question de rester au gouvernement s'ils ne reçoivent pas l'onction populaire". Objectivement le suspense est assez faible, il vaut seulement pour Alain Juppé, candidat dans une circonscription en Gironde où Ségolène Royal est arrivée largement en tête le 6 mai dernier. Ah, c'est sûr que si le numéro 2 du gouvernement, "le meilleur d'entre eux" comme disait Jacques Chirac, devait être fragilisé, voire démissionné, ça ferait de l'écume sur la vague bleue. En réalité, il s'attend à surfer. A gauche, on comptera évidemment le nombre de sièges envisagés pour le second tour, mais on observera à la loupe les royalistes. Ségolène Royal n'est pas candidate elle même, mais nombre de ses amis le sont, et ils ne sont pas dans une forme éblouissante. Arnaud Montebourg en Saône-et-Loire, Jean-Louis Bianco dans les Alpes de Haute Provence, Julien Dray dans l'Essonne sont menacés. Ségolène Royal pourrait se retrouver après ces législatives encore plus seule qu'avant, une solitude qui pourrait l'handicaper pour ses futurs combats. A gauche toujours, focus sur le PC. Serait-ce la fin de l'histoire pour le parti communiste qui aura toutes les difficultés semble-t-il à conserver un groupe parlementaire - il faut 20 députés. C'est moins la droite d'ailleurs qui lui sera fatal dans les circonscriptions, que le PS, qui pour se sauver lui-même, a renoncé à garder sous perfusion le vieux parti ouvrier qui ne devrait plus résister que dans quelques bastions. A l'opposé de l'échiquier, gros plan aussi sur le Front National, victime traditionnelle du scrutin majoritaire mais cette fois, peut être victime tout court du siphonneur Sarkozy. Très affaibli à la présidentielle, le parti de Jean-Marie Le Pen ne devrait pas être en mesure d'imposer à l'Ump la centaine de triangulaires, fatales à la droite républicaine en 1997. On regardera Paris, le sort de ses vedettes comme Klarsfeld et de ses dissidents. Mais on tentera surtout de lire dans les entrailles des législatives, les résultats des futures municipales. On regardera le nombre de femmes susceptibles de siéger au palais Bourbon, avec 71 sortantes sur 577 élus, il y a encore de la marge pour arriver à la parité malgré la loi. Tout est joué nous dit-on, mais voyez, voici quelques bonnes raisons de rester sur France Inter dimanche soir à 20H01 !

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