Par Jean-François Achili Une nouvelle tendance qui s'est peu à peu imposée dans la vie politique, celle du «calendrier », qui prend le pas sur le reste. Vous avez remarqué ? Quand vous demandez à une personnalité politique si elle est candidate, elle ne vous répond pas directement et vous déballe sur la table son... calendrier. Plus personne ne dit: « je fais un rêve aujourd'hui », mais: « je vous dirai demain ». Les trajectoires se dessinent au gré des agendas que se sont imposés les uns et les autres, comme pour se rassurer, écrire à l'avance le roman qui les mènera à la confrontation finale. Le plus difficile pour les observateurs politiques n'est plus de confronter les projets, mais de croiser l'ensemble des calendriers. Cela donne des événements presque vidés de leur substance au moment où ils se produisent. Prenez Dominique Strauss-Kahn et son feuilleton judiciaire. L'audience d'hier, inscrite à l'agenda, n'a duré que sept petites minutes pour une annonce connue à l'avance - "not guilty", non coupable - et une cascade de commentaires entendus mille fois. La seule nouveauté aura été... le calendrier des mois à venir, avec une date: le 18 juillet, sa prochaine audience, quand la primaire socialiste aura débuté en France. Et une question: le feuilleton DSK va-t-il polluer - et oui - le calendrier de la primaire du PS ? Les ténors socialistes, strausskahniens ou pas, jurent que non. Aucun d'entre eux en revanche n'est en mesure de nous dire si Martine Aubry sera candidate à la primaire socialiste. Et bien, la réponse est dans l'agenda de la Première secrétaire, qui dira le 28 juin, jour d'ouverture de dépôt des candidatures, si elle va se présenter. La date devient l'information centrale. Certains disposent d’agendas plutôt flottants ? Champion du calendrier le plus flou, Jean-Louis Borloo. La France toute entière retient son souffle en attendant de savoir si oui ou non il va se présenter en 2012. Réponse: "je me prépare à cette éventualité, je suis en phase avec le calendrier que je me suis fixé". Le leader centriste s'en remet à un éphéméride très élastique, il se décidera entre l'été et l'automne, ce qui laisse de la marge. Même Marine Le Pen éprouve le besoin de s'inventer un vrai faux calendrier, avec en novembre le lancement officiel d'une campagne, qui en fait a démarré depuis très longtemps. Nicolas Sarkozy lui-même se réfugie dans les pages d'un agenda lointain. Quand dira-t-il qu'il est candidat ? Le plus tard possible, en 2012. C'est un peu comme si les calendriers avaient pris le pouvoir sur les projets ou les idées, et que les observateurs se livraient à une chronique permanente des évènements et - pire - des émotions annoncées. A force d'aligner des dates, tout le monde s'y perd au final et se demande quand va vraiment démarrer la campagne. Pour répondre à cette interrogation, je vais aller consulter mon calendrier personnel...

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