Le maire de Paris est donc entré dans la danse hier des prétendants au titre de premier secrétaire du PS, enfin, il y est PRESQUE entré. Ce serait trop simple. Bertrand Delanoë a juste fait "un pas" hier, un petit pas pour nous, un bond de géant aux yeux du landernau socialiste. En ligne à 15H45 donc hier, consultable sur le site "clarté-courage-créativité.com" une contribution de 11 pages pour défendre en novembre "Un Congrès d'idées", pas bête un congrès d'idées. Un mot d'abord sur le titre, dans lequel on note l'absence incongrue de "loyauté, liberté, fidélité". Après "congrèsutileetserein.com" de Ségolène Royal, c'est à se demander si les leaders socialistes ne se sont pas exclusivement lancés jusqu'à présent dans un concours des titres les plus imaginatifs. Un mot sur le plan media : Bertrand Delanoë a tout planifié ; avant la sortie de son livre "De l'audace" co écrit avec Laurent Joffrin de "Libé" le 22 mai prochain ; avec les bonnes feuilles confiées au "Nouvel Obs" juste ; sortie de sa contribution/teasing donc hier avec grande interview à "Libération", comme ça toute la presse dite de gauche couvre l'événement. Du sur-mesure. Un mot sur la stratégie politique ; l'objectif étant de créer une dynamique, il s'agissait de faire signer le texte par le plus de monde possible. Score médiocre : dans les signataires, tout ce qui reste de la Jospinie, avec le premier d'entre eux, Lionel Jospin. Les élus parisiens, quelques rares fabiusiens et une prise de guerre au courant strauss-kahnien, qui consacre son éclatement, le maire de Grenoble Michel Destot. Pas forcément du menu fretin, mais pas de quoi non plus faire bouger les lignes. Enfin, un mot sur le fond. Que dit ce texte ? Il affiche clairement l'engagement social- démocrate du parti socialiste, il préconise un état social prévoyant, un développement plus durable, et une gauche plus progressiste, avec quelques curieux emprunts d'ailleurs au programme de Nicolas Sarkozy, notamment celui de conditionner les allègements de cotisations sociales des entreprises à leur politique salariale. Cette contribution est surtout une déclaration de guerre à tout ce qu'est et fait Ségolène Royal, avec condamnation de la démocratie participative et condamnation des clins d'oeil vers le centre. Les signataires réclament un vrai premier secrétaire, "ni hors sol, ni de transition, ni de neutralisation". Quelqu'un qui s'occupe du parti et de lui-même, mais dans ce sens là. Alors pourquoi Bertrand Delanoë ne dit-il pas tout simplement "vous me reconnaissez ?, c'est moi... Portrait tout craché du candidat idéal, j'y vais, je suis candidat au poste de premier secrétaire !" Pourquoi cette pudeur, question de nature pour Bertrand Delanoë ? C'est surtout que ça marche comme ça au PS. A 6 mois du Congrès socialiste, le temps est juste au lancer d'hameçon. Pour l'instant, personne, ni Ségolène Royal ni lui, encore moins les autres, ne peut prétendre rassembler sur son nom une majorité. Chaque jour qui passe, chacun avance donc d'un pas. Et attend de voir s'il suscite plus d'adhésion que de répulsion. C'est un peu le jeu d'enfant "1-2-3 soleil", 1-2-3 et tout se fige. Qui est derrière moi, qui signe ma contribution, quelles alliances se nouent sur ou contre moi, comment réagissent les militants en section ? Les soutiens les plus chers attendant comme il se doit le dernier moment pour se monnayer, le jeu pourrait durer jusqu'aux universités d'été de la Rochelle fin août. "Les militants rêvent aujourd'hui d'un chef, mais ne veulent pas du combat qui va avec", affirme aujourd'hui un responsable du parti. Et bien, ils vont au moins passer l'été à assister à ce combat là, car en faisant un petit pas hier, Bertrand Delanoë a de fait installé son duel avec Ségolène Royal. Tout va désormais tourner autour de ces deux joueurs. A chaque pas fait par l'un, va répondre un pas de l'autre. Jusqu'à ce que l'un trébuche, ou que l'autre se sente trop seul pour continuer à jouer.

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