Jean-Luc Mélenchon s’est demandé "combien étaient payés" ceux qui affirmaient que la Fête à Macron avait réuni moins de 40 000 personnes. Et donc, il est temps au-delà de ce tweet insultant et suspicieux, de réexpliquer la démarche de ce comptage des manifestations par la presse

Le comptage des manifestants, une méthode transparente assurée par Occurence pour les médias
Le comptage des manifestants, une méthode transparente assurée par Occurence pour les médias © AFP / Quentin Veuillet / CrowdSpark

Bien des manifestants de samedi, ont pu se sentir floués, en entendant le chiffre de 40 000, habitués, qu’ils sont d’être gratifiés, par les organisateurs, syndicaux et politiques, de chiffres artificiellement gonflés, dans une surenchère absurde. Il s’agissait, rappelons-le, de cesser de donner deux chiffres invérifiables (police et organisateurs), élaborés en secret et dont on savait seulement que au moins un, si ce n’est les deux, était faux. 

C’était une situation journalistiquement intenable au moment où l’on prétend lutter contre les fakes-news. Un groupement de médias variés a donc mis au point, avec Occurrence, une société spécialisée dans le comptage des flux humains, une méthode, testée et éprouvée pendant six mois. Le Figaro, Libération, Médiapart, les Échos, tous les quotidiens, 83 quotidiens régionaux, toutes les chaines de télé (sauf pour l’instant TF1), toutes les Radios, et l’AFP diffusent donc un chiffre, quelques minutes après le passage des derniers manifestants devant le point de comptage établi sur le parcours. 

Les détails techniques de l’opération sont publics, contrairement à ceux de la préfecture, des syndicats et des partis politiques. 

Il a même été proposé aux organisateurs de la manif de samedi d’envoyer des observateurs sur le point de comptage pour voir le dispositif et poser les questions qu’ils voulaient aux techniciens compteurs. François Ruffin y était tout à fait ouvert, mais personne n’est venu. La même proposition est faite à la CGT pour la manif du 22 et Jean-Claude Martinez se dit intéressé. On va voir…

Toujours est-il que Jean-Luc Mélenchon dit que la presse ment

Il dit que la place de la Bastille était pleine, les boulevards aussi, et que déjà, je cite "la place de la Bastille contient 40 000 personnes" . La place de la Bastille contient 40.000, ça ne veut rien dire. Il n’y a pas de places assises numérotées à la Bastille ! (si ce n’est à l’Opéra Bastille !) Tout dépend de la densité et avec 10 000 personnes cette place peut tout à fait avoir l’air pleine. 

Occurrence a calculé le flux de manifestants. Il y en a donc eu 39 000 auxquels on peut ajouter peut-être quelques milliers de personnes qui se sont rendues directement sur la place. Mais le chiffre de 160 000 (deux stades de France) est ahurissant et mensonger. D’autant qu’il était publié une heure et demi avant la fin de la manif. Ce qui est dramatique pour la qualité du débat public, c’est qu’on ne peut pas le baser sur des vérités chiffrées. 

Pourtant 40 000 personnes réunies à Paris pendant un week-end de pont de mai c’est déjà pas mal et dépasse largement le seul cadre militant. Aucun autre mouvement politique, aujourd’hui, n’est en mesure de réunir autant de monde. Mais voilà que Jean-Luc Mélenchon promet des millions de manifestants pour les prochaines fois. Le nouveau député de Marseille a vite pris le pli des méchants stéréotypes de sa ville d’accueil.

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