Les députés sont rentrés dans leur circonscription depuis le 22 février, afin de faire leur propre campagne pour les législatives de juin prochain. Mais aujourd'hui, ils ont à nouveau rendez-vous au palais Bourbon, où pourrait bien se jouer une bataille homérique. Imaginez une petite annonce punaisée salle des 4 colonnes, vous savez cette salle où tout le monde passe à l'assemblée nationale, une petite annonce ainsi libellée : CDD de 3 mois et demie, fin du contrat 19 juin, situation élevée, ça ne s'appelle pas le perchoir pour rien, pouvoir étendu, notamment celui de nommer un membre du conseil constitutionnel au cas où, mais temps de présence minimal, bonne rémunération 10 000 euros mensuels, appartement de fonction, l'hôtel de Lassay, l'un des plus beaux palais de la république pourvu d'une des plus belles caves de la république, Bonus non négligeable : voiture de fonction avec chauffeur à vie ! Il s'agit vous l'aurez deviné de la présidence de l'assemblée nationale; l'annonce est alléchante, et forcément, quelques députés UMP, fort motivés par ailleurs, se sont précipités sur l'offre d'emploi. 3 précisément, une primaire doit avoir lieu ce matin au groupe UMP pour les départager. Cet après midi en séance publique il n'y aura plus qu'un seul candidat UMP, assuré de l'emporter vu la majorité écrasante dudit groupe. Ce qui est épatant, c'est que la convoitise de ce fauteuil a priori éjectable, suscite en coulisses une gué-guerre violente, peu opportune en pleine campagne présidentielle quand le mot d'ordre partout est : RASSEMBLEMENT. Cette guerre s'appuie sur de vieilles fractures; vous vous souvenez, la création de l'UMP en 2002 était censée abolir tous les murs qui séparaient auparavant les gaullistes, des centristes, des libéraux... et bien aujourd'hui, les comptes d'apothicaire entre les uns et les autres ont repris. Pas question de donner le perchoir à un ex RPR expliquent les ex UDF, alors que le RPR "squatte" déjà tout, notamment le poste de candidat à la présidentielle avec Nicolas Sarkozy. Ils exigent un libéralo/centriste à l'assemblée, ou alors faudra nous donner Matignon, menacent-ils déjà. Autre raison de s'entredéchirer : le confortable perchoir est certes inutile pour les 3 mois qui viennent, mais ce que les candidats escomptent, c'est qu'une fois installé, tel les bernard l'hermitte, on ne les en déloge plus. Légitimé par l'actuelle assemblée, en cas de victoire en juin prochain, l'éphémère président peut en effet espérer rempiler. Ce qui inquiète évidemment tout le monde, et n'arrange personne; notamment Nicolas Sarkozy, qui a déjà proposé le poste à plusieurs éminentes personnalités dont Alain Juppé. Il n'a donc pas du tout envie de se voir lier les mains. Ce qui donne du coup toutes ses chances au seul candidat actuel qui ne rempile pas pour les prochaines législatives. Vous le voyez, pendant les campagnes présidentielles, où l'on parle projet pour la france et les français, les petites affaires des petites ambitions continuent. La république, c'est aussi des fonctions, et des postes, éminents. Et l'éventualité de la victoire aiguise tous les appétits

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