Pourquoi seuls les partis progressistes parviennent à en parler ?

Les violences contre les femmes, le fléau
Les violences contre les femmes, le fléau © Getty / kolderal

Que dire du scandale des violences sexuelles qui frappe à son tour le Parti communiste ?    

Hier cette une choc de l’Huma. Et ce titre « nous ne nous tairons plus jamais ». Qui parle ? Les femmes victimes. Ou ceux qui ont su mais n’ont rien dit. Car à chaque fois, à chaque cas les partis politiques l’affirment haut et fort. Ils ne se tairont plus. Et quelques mois plus tard, ça recommence. Nouvelles victimes, nouveaux témoignages . 

Encore une fois ça frappe un parti qui se veut progressiste. Il y a eu les écolos, je ne vais pas appesantir dessus, il y a toujours une procédure judiciaire contre France Inter avec l’affaire Baupin, il y a eu les révélations de Libération sur le mouvement des jeunes socialistes. Et cette fois le PCF. 

Il faut arrêter de dire que les femmes ne parlent pas. Elles parlent, se confient. Mais comme trop souvent, leurs paroles sont étouffées, culpabilisées, on leur explique que leur témoignage pourrait nuire au parti.  

Et puis il y a le phénomène pas de ça chez nous. Précédemment. Ce qui frappait c’était aussi cette capacité des autres partis plus conservateurs dirons nous à ricaner. A droite, on se délecte souvent de ces affaires. Comme si le harcèlement sexuel, les agressions sexuelles, les viols n’étaient l’affaire que d’une gauche laxiste prompte au libertinage. C’est une question d’abus de pouvoir pas de sexualité débridée.   

Si ça se libère dans les mouvements progressistes, c'est que ces partis sont en avance sur la parité, sur les questions sociétales. On répond souvent. #MeToo. #MeToo est passé par là. Oui la parole s’est libérée. Mais il n’y a pas eu de révolution. Il y a juste une évolution lente.   

Comment ça ?

Je ne parle pas des partis politiques mais de la société dans son ensemble. Les institutions… La police …. La justice. Dans la tête des gens… ça a bougé. Dans la tête des femmes ça a bougé. 

Mais dans les structures censées accompagner cette libération de la parole . Non. Les policiers sont ils suffisamment formés pour prendre en compte les plaintes ? Ca avance mais trop lentement. Est-ce normal de s’entendre dire quand vous allez dans un commissariat porter plainte « On n’est pas là pour régler des problèmes de couples ». Témoignage recueilli par le groupe F. 

La justice . ¾ de classement sans suite dans les affaires de violences sexuelles. Le chiffre est constant selon les associations. Ni les textes, ni les pratiques n’ont évolué.

Pourquoi pas des campagnes de prévention ? Comme pour la lutte contre le tabac. La sécurité routière. Un grenelle des violences pour lutter contre ce fléau.  

La loi Schiappa sur les violences est jugée insuffisante par bon nombre d’associations qui se sont senties exclues et reprochent à la ministre d’avoir travaillé en solo.  Alors oui hier selon Marlène Schiappa 332 amendes pour outrage sexiste ont été recensés depuis son entrée en vigueur en août.  

Mais en même temps 30 femmes sont mortes depuis le début de l’année . Certaines étaient même allées porter plainte 7 fois. A la même époque l’an dernier. Elles étaient  18. 

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