Rachida Dati confirme ce matin dans la presse qu'elle sera tête de liste dans le VIIème arrondissement de Paris pour les élections municipales de mars prochain. Pour autant, Françoise de Panafieu, candidate UMP à la mairie de Paris, n'a pas encore trouvé tous ses chefs de file. Mais pour la garde des sceaux, c'est fait, elle se lance et c'est a priori à mettre au crédit du président de la république. Rachida Dati répète depuis des semaines, qu'elle n'a pas forcément envie de se jeter dans la bataille électorale, "je ne peux pas tout faire bien en même temps". Mais Nicolas Sarkozy n'a eu de cesse depuis des semaines également de la pousser à y aller, convaincu que femme, d'origine arabe, populaire, forcément ça représente quelques avantages électoraux, convaincu aussi que sa garde des sceaux ne trouvera de légitimité politique que dans le suffrage universel. Dans la difficile réforme de la carte judiciaire qu'elle est en train de mener, ses plus virulents opposants sont en effet souvent des maires, concernés par la fermeture des tribunaux. Combien de fois n'a-t-elle entendu : "tu n'y comprends rien, car tu n'as jamais été élue". Bon, cette fois, ce sera fait. Oui, dans le VII arrondissement parisien, le suspense est assez faible quant à sa future élection. Reste à voir maintenant comment elle va se débrouiller en terme d'agenda. Elle a non seulement son job de ministre de la justice, mais en plus, Rachida Dati accompagne Nicolas Sarkozy partout où il va. Elle a encore annulé hier au dernier moment un rendez-vous avec les magistrats pour cause de départ inopiné à Washington. En même temps, elle n'est pas la première, ni la seule dans ce gouvernement comme dans d'autres, à cumuler charges, fonctions et mandat. Alors, Rachida Dati est casée, mais ailleurs à Paris ? Françoise de Panafieu n'a pas encore trouvé tous ses oiseaux rares, ceux qui lui assureraient en même temps, la parité homme/femme, la diversité, le renouvellement politique et pourquoi pas la victoire. Si quelques noms semblent acquis, Véronique Vasseur, l'ancien médecin chef de la prison de la santé, Nicole Guedj et 2, 3 maires sortants reconduits, l'épineux XIIème arrondissement reste... épineux ! Il est l'une des circonscriptions clefs qui pourrait faire basculer la mairie de Paris de gauche à droite, mais le RPR puis l'UMP y cumule les ânneries depuis 15 ans. La dernière en date étant signée... Sarkozy, lorsque celui-ci eut la lumineuse idée de parachuter Arno Klarsfeld aux dernières législatives. La droite avait déjà perdu la mairie du XIIème en 2001, elle y perdit cette fois son siège de député. Françoise de Panafieu veut toujours croire à la venue dans l'arrondissement de Jean-Marie Cavada, modem attendu comme le messie. A lui seul, il incarnerait l'ouverture politique et l'alliance avec le centre. C'est une stratégie et des voix, tout ça, mais jusqu'à présent, Cavada reste attaché à François Bayrou et à sa volonté d'autonomie politique vis à vis de l'UMP. Jusqu'à présent. Alors pourquoi est-ce si dur pour Françoise de Panafieu ? Peut-être parce qu'elle n'a pas purgé le passé chiraco-tibériste de la Paris. La preuve, dans le Vème, Jean Tibéri continue de faire échec à sa volonté de parachuter Christine Albanel. Peut-être parce qu'elle n'a pas les mains totalement libres ; à la manoeuvre pour faire ses listes, l'Elysée, plus vigilant que l'oeil de Moscou. Peut-être enfin parce qu'elle n'a pas réussi à s'imposer, elle. Son ex concurrent Pierre Lellouche veut devenir le maire des Champs Elysées et abandonner le plus populaire IXème ? Et bien, elle n'a d'autre choix que de le laisser faire... La route est longue avant mars prochain et rien n'est joué d'avance veulent croire ses amis. Mais selon la maxime raffarinienne, la pente est rude néanmoins, et si vous avez l'occasion de visionner les premiers rendez-vous de la candidate sur sa propre télé la "panaf tv", vous mesurerez à quel point la bataille électorale de Paris n'est décidément pas pour la droite parisienne, une partie de plaisir.

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