Ce matin : l’écotaxe est menacée…

Oui et pour s’en convaincre il suffisait d’écouter les explications alambiquées de Jean-Yves Le Drian, hier à ce micro quand on lui demandait d’évoquer l’avenir de l’écotaxe. Et c’est un beau gâchis parce que le principe de l’écotaxe a un intérêt économique reconnu maintenant à droite comme à gauche. Et pourtant sa « suspension » va, au mieux retarder pour longtemps sa mise en place et au pire la tuer dans l’œuf. La droite et la gauche s’accusent mutuellement d’être responsable de sa disgrâce. La majorité explique que le système de prélèvements mis en place par le gouvernement précédent, avec l’entreprise Ecomouv est trop complexe et trop coûteuse, trop douteuse. A droite, on explique que la boulimie fiscale actuelle a rendu indigeste ce prélèvement de plus. Pourtant cette taxe aurait beaucoup d’avantages. Ce n’est pas de la fiscalité supplémentaire puisque ça devait alimenter les caisses des régions pour améliorer des infrastructures. Des dépenses qui auraient été financées, de toute façon, par l’impôt.

La fiscalité écologique est surtout un outil de la transition énergétique.

Oui, d’ailleurs, quand Nicolas Sarkozy avait fait voter le principe de la taxe carbone, il avait utilisé des mots forts pour faire prendre conscience que c’était l’amorce d’une nouvelle logique. Il avait comparé cette mesure, pour son impact politique et économique, à l’abolition de l’esclavage. L’analogie avait fait sourire d’autant que la taxe carbone fut retoquée par le Conseil constitutionnel et que le Président avait fini par concéder, devant des agriculteurs excédés, en mars 2010, que « l’écologie, ça commence à bien faire ». Trop de mots péremptoires et contradictoires du côté de Nicolas Sarkozy… Pas assez de mots percutants du côté de François Hollande… On commence à connaître ce schéma. Aujourd’hui pour sauver l’écotaxe il faudrait trouver des arguments puissants et un peu enthousiasmants. C’est vrai, prétendre enthousiasmer pour une taxe est aussi compliqué que faire sauter de joie ses enfants à l’idée d’aller chez le dentiste… Et puis il y a les difficultés techniques… Comment prélever sans trop pénaliser les agriculteurs, sans épargner la grande distribution, en rééquilibrant le poids entre chargeurs et transporteurs ? D’autres pays y sont arrivés et plusieurs régions, comme l’Alsace, la réclament à grand cri ! Bien sûr la Bretagne la refuse mais le modèle économique d’une partie de la Bretagne agro-alimentaire, productiviste, hyper subventionnée, énergivore, détruisait l’environnement est aujourd’hui aussi une catastrophe économique et sociale. Si le débat politique était rationnel, ça devrait faire avancer l’idée qu’écologie et économie, ce n’est pas forcément antinomique. Si le débat politique était rationnel…

Et puis, « pan sur le bec » !

Oui, hier j’ai dit une bêtise, Delambre et Mechain ne sont pas géographes mais des astronomes à qui la Convention avait confiés la mission de mesurer précisément la partie du méridien terrestre reliant Dunkerque à Barcelone et passant par Paris. Merci à Jean-Baptiste Marquette de l’institut d’astrophysique de Paris, pour cette mise au point. L’homme qui a déterminé le point central de la France –et qui a, pour cela, utilisé les travaux de Delambre et Méchain… s’appelle en fait Adolphe Joanne.

Pour aller + loin

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