Suite du passage en revue des candidats à la primaire…

On commence par Martine Aubry…

Sur le papier, Martine Aubry a tout pour gagner. C’est la patronne d’un parti remis en marche qui a remporté le Sénat. C’est elle qui a le plus d’expérience. Elle a occupé d’importants ministères, elle a fait partie de la direction de Pechiney, sa compétence et son sérieux sont reconnus par tous. C’est une femme de culture à la tête d’une ville dynamique et populaire, elle est la fille de l’une des personnalités les plus respectées de la politique française mais elle n’a rien d’une héritière. Seulement voilà, il y a Dominique Strauss-Kahn. La grosse faute stratégique de la campagne de Martine Aubry c’est DSK qui l’aura commise en affirmant qu’il avait décidé d’être candidat au terme d’un pacte avec la première secrétaire du PS. Cet épisode a semé le doute sur la détermination de Martine Aubry et donc sur sa capacité à battre Nicolas Sarkozy. Est-elle une candidate de substitution ? Cette question, qui a été formulée des dizaines de fois, dans tous les journaux, est d’ailleurs peut-être vide de sens. Personne ne sait finalement si les Français veulent encore choisir celui ou celle qui a le plus envie du poste de Président… Mais le doute s’est installé. Pour pallier cette impression de manque de volonté, Martine Aubry vient d’opter pour un nouveau concept clivant au sein de sa famille : gauche dure contre gauche molle. C’est un pari de fin de campagne, avec un petit gout de quitte ou double.

Ségolène Royal.

De la détermination, Ségolène Royal, elle en a ! Elle-même se dit habitée. Comme souvent avec Ségolène Royal nous sommes en présence d’un argument ambivalent. Etre habité, est-ce vraiment une qualité pour être présidente de la République ? De même l’argument selon lequel Ségolène Royal serait la mieux placée pour gagner contre Nicolas Sarkozy qui l’a déjà battu est un argument discutable. « Continuons la belle aventure de 2007 » disait-elle hier soir ! Là encore on pourrait inverser l’argument, c’est justement parce que Ségolène Royal n’a pas réussi à gagner il y a cinq ans qu’il faut peut être essayé quelqu’un d’autre. Sauf qu’il y a encore un postulat dans la vie politique : les défaites font l’expérience qui mènent aux victoires. D’ailleurs Marc Lièvremont ne remet-il pas quasiment la même équipe (celle qui a perdu contre le Tonga) pour jouer contre l’Angleterre, au titre de l’expérience et de la révolte du vaincu ? C’est un pari. Réponse samedi pour le XV de France, comme un présage pour la candidate de 2007. Ségolène Royal avait eu ce mot étrange, en forme de déni, sur le toit du PS il y quatre ans et demi : « je vous conduirai vers d’autres victoires ». Ce qui est certain c’est que, si la présidente de Poitou-Charentes ne remporte pas cette primaire et si elle est de bonne composition pour soutenir son ou sa concurrente victorieuse, elle sera très utile, voire indispensable au candidat du PS pour garder le lien avec les classes populaires qu’elle a su entretenir et préserver.

Enfin, Jean-Michel Baylet…

Il se sera fait connaître au nom des radicaux de gauche. Ce petit parti, résidu d’une tendance très importante dans l’histoire de la République, défenseur acharné notamment de la laïcité, un trésor national… Mais les radicaux de gauche ne sont plus qu’une poignée de notables sympathiques. Ils ont perdu beaucoup de leur influences ces dernières décennies et un peu de leur âme en confiant leur destiné, un temps, à Bernard Tapie. Jean-Michel Baylet les représentent… C’est tout.

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