Hier, au lendemain de la manif pour tous, les responsables de l’UMP ont multiplié les déclarations montrant leurs divisions et leur désarroi sur le sujet.

Oui, hier, on a tout entendu. Qu’il fallait abroger la loi, la réécrire ou la garder en l’état. Ce sujet est très compliqué pour la droite parce qu’il se heurte à un débat philosophique et un débat stratégique. On peut avancer en politique sans régler complètement la question philosophique, qui par définition, n’est pas destinée forcément à être résolue. Encore faut-il être d’accord sur la nature des questions qui se posent. Nicolas Sarkozy, qui affirme maintenant vouloir réécrire la loi, recevant Hervé Mariton, lui a dit : « comment pouvons-nous débattre, nous n’avons pas la même définition de la famille ? ». En réalité la droite n’est pas au clair avec l’idée de savoir si l’histoire a un sens. L’implication de la religion dans ce débat ne facilite rien! Ni Bossuet ni Hegel ne sont malheureusement disponibles pour arbitrer la controverse Morano/Boutin. Pourtant l’essentiel du dilemme de la droite est là. Est-il raisonnable de s’opposer aux évolutions constatées de la société. Faut simplement tenter de les retarder pour ne pas trop déséquilibrer notre organisation sociale, ou faut-il refuser ce qui ne serait que des dictats présentés comme des progrès? La partie de la droite la plus conservatrice affirme qu’il faut revenir sur le mariage pour tous, qu’il n’y a rien d’irréversible… Finalement cette loi n’aurait pas plus de puissance intrinsèque qu’un taux d’imposition que l’on pourrait changer au grès des majorités.

Une autre partie de la droite croit au sens de l’histoire.

Oui et parle de « l’effet cliquet » de certaines lois. Lois sur l’avortement, l’abaissement de l’âge de la majorité, lois qui marquent l’acceptation de l’homosexualité, personne ne reviendra dessus… Mais il se trouve que nous sommes dans une période de compétition pour prendre la tête de l’UMP et qu’il n’est pas de bon ton de reconnaître que la gauche légifère dans le sens de l’histoire. C’est ainsi que Nicolas Sarkozy est obligé de tenir un discours incompréhensible sur la question. Mais le passé récent, sur ces sujets, tend à prouver que la droite ne reviendra jamais sur le mariage. Le RPR et l’UDF s’étaient, il y a 15 ans, opposés avec vigueur au Pacs. Non seulement la droite l’a gardé, mais elle a renforcé le PACS en 2007 ! La gauche, elle, subit de plein fouet, en ce moment, cette question du sens de l’histoire mais plutôt en matière économique et sociale, notamment sur la question des 35 heures et des droits sociaux formels. C’est un autre sujet. Mais sur les questions de société et de mœurs, l’idée de progrès inéluctable semble actée. Seulement maintenant, voilà la gauche replongée en pleine interrogation philosophique sur le sujet d’après : la GPA. Et là, une question classique revient : progrès humains et progrès scientifiques vont-ils toujours dans le même sens ? Là, ça devient furieusement philosophique… Il faudra demander à Charline Vanhoenacker de traiter de ce sujet pour avancer sur la question…

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