Présidentielle 2007 : pas moins d'une quarantaine de personnes ont déjà déclaré qu'elles souhaitaient être candidates. Mais il n'y aura pas de place pour tout le monde. En 2002, 16 candidats s'étaient présentés à la magistrature suprême, un record. Rappel du résultat : Chirac/le Pen au deuxième tour. Et bien ce résultat pèse lourd aujourd'hui : ils sont très nombreux à suer sang et eau pour obtenir les 500 signatures d'élus, indispensables pour se présenter. Conséquence : le nombre de candidats l'an prochain pourrait être divisé par 2. Pas de problème pour l'UMP, le PS, l'UDF, les Verts et même le PC qui peuvent compter sur leurs élus de terrain. Assuré aussi de rentrer dans la course : le candidat de Chasse, pêche nature et tradition. Il puisera dans le vivier des maires ruraux. C'est après que ça se complique... A l'extrême gauche, Arlette Laguiller a beau revendiquer le rôle de Vétéran dans cette course présidentielle, cette fois, elle "paie" 2002. Beaucoup de maires pas trotskistes, mais républicains n'ont pas apprécié qu'elle ne donne pas de consigne de vote au second tour. Son camararade Besancenot de la LCR rame également. La dernière fois, il avait pu compter sur la largesse des petits maires socialistes. Mais cette année François Hollande a demandé aux 5000 élus de son parti de ne parrainer que le candidat PS."Etre socialiste, c'est être généreux explique-t-il, mais ça ne veut pas dire qu'on doive tendre la main pour se la prendre dans la figure". En clair, tant qu'Olivier Besancenot ne dit pas clairement qu'il votera pour la gauche au second tour, personne ne l'aidera. A l'extrême droite : la pêche aux signatures est encore plus difficile qu'en 2002 pour Jean-Marie Le Pen. Car il a bouleversé le premier tour. Les maires qui lui avaient apporté leur parrainage par esprit démocratique, se sont souvent faits injuriés dans leur commune : ces signatures sont rendues publiques par le conseil constitutionnel. Pas question donc de recommencer. Du coup, le FN piste en priorité les maires qui ne se représenteront pas aux municipales de 2008. En espérant qu'ils soient moins perméables que les autres aux pressions. Bruno Mégret, lui, a depuis plusieurs mois paraît-il, pris sa petite voiture pour aller rencontrer 1 à 1 ses parrains de 2002. Il espère ainsi apporter quelques signatures dans sa corbeille de re mariage avec Jean-Marie Le Pen. Mais en réalité, la question aujourd'hui n'est pas de savoir si Le Pen aura ses signatures, mais s'il doit les avoir. Car comment imaginer qu'un candidat arrivé au second tour soit privé de concourrir ? Ce serait une déflagration politique analyse aujourd'hui un conseiller de Jacques Chirac, qui du coup n'exclut rien, s'il fallait aider Le Pen. Ce ne serait pas la première fois, qu'un candidat bénéficie d'un petit coup de pouce. En 2002, Corinne Lepage et Christiane Taubira, que l'Elysée regardait d'un bon oeil car elles divisaient les écolos et la gauche, avaient pu compter sur des signatures de maires divers droite, discrètement encouragés par des proches de Jacques Chirac.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.