Vous vous intéressez ce matin aux campagnes internes en cours pour désigner des deux chefs du PS et de l’UMP…

Oui, enfin je m’y intéresse… j’essaye ! Parce que ces deux élections, ou désignations ne produisent pas de confrontations d’idées. On est très loin de la riche séquence des primaires socialistes. Il y a des raisons tout à fait objectives à ça. Le PS est au pouvoir, les grandes questions programmatiques ont été tranchées et validées par le vote des primaires, la présidentielle et les législatives. Les débats au sein du PS maintenant ne peuvent avoir pour thèmes que le rythme et la méthode mais pas le but à poursuivre. Du coup les personnalités comme Benoît Hamon ou Arnaud Montebourg, qui sont, au fond pour une politique un peu différente, s’affranchissant des contraintes européennes en matière de budget, ne s’expriment plus sur ces sujets. Arnaud Montebourg ne présentera pas de contribution au prochain congrès, un texte de sa part serait en contradiction avec l’action du gouvernement auquel il appartient. Sa spécificité politique apparue avec un certain succès lors de la primaire n’a plus d’expression. C’est dans la logique des choses au lendemain d’une victoire et au moment où il faut gouverner, agir. Ce n’est plus le temps du débat. Résultat la direction du PS hésite entre Jean-Christophe Cambadélis et Harlem Désir (que rien n’oppose idéologiquement) … et franchement, à part les permanents de la rue de Solférino et mesdames Cambadélis et Désir, peut-être leur enfants, on ne voit pas vraiment qui peut se passionner pour cette compétition.

A droite, ce devrait être plus intéressant puisqu’il faut reconstruire après la défaite de la présidentielle…

Oui mais… non. Il n’y a pas de débats de fond entre Jean-François Copé et François Fillon. Pourtant, après la défaite, il y aurait quelques questions à se poser. Mais, comme se poser des questions si tôt serait vécu comme un début de remise en cause de l’œuvre forcément titanesque de Nicolas Sarkozy, c’est impensable ! Jean-François Copé et François Fillon ont des accents différents pour dire à peu près la même chose. Le premier, combatif, élu d’une ville populaire est de facture libérale-autoritaire. Il prône une droite dite « décomplexée » qui reste à définir. Le second, François Fillon, longtemps élu de l’ouest modéré est maintenant député des quelques hectares les plus chics de France, au cœur de la capitale. Il a d’abord été gaulliste social, avant de devenir zone tampon, pendant 5 ans, entre l’agitation sarkozienne et la réalité. Il représente aujourd’hui une forme de « père la rigueur », plutôt modéré sur les questions de société (sans doute ce que Jean-François Copé appellerait la droite « complexée »). En fait, la tradition césariste, ou bonapartiste de la droite française n’admet pas vraiment le débat interne, du moins quand il s’agit de choisir un chef. Surtout que ce sont les militants, les activistes qui votent. Ils choisiront un glaive, pas un livre ! Pourtant la droite comporte des nuances intéressantes héritées de son histoire et aussi de sa géographie. Mais l’UMP veut être un rassemblement et donc son chef ne peut pas être le représentant d’un courant qui l’aurait remporté sur les autres au terme d’un débat. Copé comme Fillon collectionnent les ralliements de personnalités, de l’aile droite et de l’aile gauche du parti, indifféremment, pour pouvoir dire : « je suis le plus rassembleur ». Pour deviner quel candidat une personnalité de l’UMP va rallier, il faut mieux connaître ses plans de carrière et ses réseaux et ses amitiés plutôt que ses écrits et ses convictions. Ces considérations ne sont pas faites pour passionner le grand public… Je crois bien que je viens de vous faire toute une chronique pour expliquer en quoi le sujet de la dite chronique n’a aucun intérêt !

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